Dans la série ''La FMSQ a 45 ans'': Lucie Bonnier, une pionnière de l'endurocross, nous raconte...

par Isa More
dans Profils de pilotes

 

La FMSQ va fêter ses 45 ans cette année et certains membres actuels font partie de l'histoire de l'association, comme par exemple Lucie Bonnier, qui a "défriché" les trails en tant que femme avec Josianne Bax, Lise Pouliot et Chantal Robidoux. Entrevue "Je me souviens".

Lise Bonnier. Flashback. Projetons-nous des années en arrière, à tes débuts dans la FMSQ et de tes premières saisons... Quels sont tes souvenirs de cette période?
J'ai fait mon entrée dans la FMSQ aux environs des années 1985, mais la FMSQ existait bien avant. J'ai fait mes débuts en moto sur une "Kawam", un mélange de Can-am et de Kawasaki concoctée par mon cousin. C'est la période de ma vie "groupie de motocross": ça a fait ma chance, j'y ai rencontré mon chum et ils vécurent heureux et eurent... Ma deuxième monture a été une superbe Yamaha dt 125, une double usage particulièrement lourde... Ça explique pourquoi Lise (Pouliot), ma partner de trail, est si musclée ! Hé qu'on a travaillé fort pour la sortir des trous de boue!!! C'était l'époque où on roulait juste pour le fun... Et un peu de misère: chandail de football, bottes de construction, casque avec chin gard. On ne roulait pas vite, mais on passait partout... Ou presque! Puis il y a eu l'achat d'une kdx 80 1982 et mes débuts aux enduros FMSQ. Si mes souvenirs sont bons, il y avait environ 60 riders. Lise Pouliot, Chantal Robidoux et moi partions toujours sur la dernière minute. Chantal Robidoux s'est jointe à nous après avoir pris sa retraite d'une glorieuse carrière de motocross! On partait avec notre pack- sac: provision d'eau et de Toblerone pour se ravitailler... On partait pour la journée! On roulait toujours ensemble, on était souvent pas trop de trois pour traverser les obstacles et monter les côtes!!! Des heures de plaisir! Dernières parties, dernières arrivées!!! À cette époque, on se levait tôt, très tôt. Tout le monde arrivait le matin même de la course. L'ambiance était plutôt relaxe et amicale, c'était un petit groupe... Avec plusieurs clowns!!! Pendant plusieurs années, en enduro puis en endurocross, Lise et moi finissions nos journées en aidant à la compilation des résultats: à la mitaine, bien sûr, avec une petite bière bien méritée ! L'accès aux sentiers pour les enduros devenant de plus en plus difficiles, c'est au début des années '90 que les endurocross se sont ajoutés au calendrier de la FMSQ. À ce moment là, j'ai pris une pause de plusieurs années pour peupler la relève FMSQ! J'ai repris du service sur la XR 80 délaissée par Martin!

Être une femme pilote à cette époque représentait quoi exactement, pour vous, les pionnières du sport chez les dames?
Josianne Bax a fait des enduros avant nous. Je dirais que nous sommes les pionnières de l'endurocross. Évidemment, pendant plusieurs années, il n'y avait qu'une seule classe pour les dames. Le parcours était pas mal plus difficile que maintenant! Pour plusieurs, juste finir la course représentait un exploit. On peut dire que le but était la participation et le plaisir! Mais on était là! Pourquoi rester sur le bord de la track??

Quelle serait la plus grande évolution dont tu as été témoin au sein de la fédération pour les femmes?
Le nombre de participantes et le calibre. Après avoir roulé à deux ou à trois pendant des années, on a finalement eu des copines... À petite dose. Je crois que notre détermination, notre plaisir à rouler sans se prendre trop au sérieux et surtout l'orientation prise par la FMSQ pour adapter l'horaire, en tenant compte du calibre des coureurs et coureuses, ont contribué à convaincre les dames, jeunes et moins jeunes, de se joindre à nous. L'aspect familial a aussi beaucoup évolué au début des années 2000. Chacun son tour: les enfants, maman, papa. Y'a une période où je roulais en même temps que Martin et Loïc, puis est venue l'étape où ils se faisaient un plaisir de me "lapper", souvent avec un petit mot d'encouragement.

Les femmes sont de plus en plus présentes dans le monde du motocross, en endurocross, comme en MX. Comment expliquer cette engouement massif chez les femmes?
Je crois que l'engouement pour les sports extrêmes y a contribué. Les femmes ont prouvé qu'elles avaient leur place!

Vous avez maintenant votre propre catégorie chez les Dame 35+, on y retrouve même plusieurs mamans de champions qui roulent ensemble, c'est une belle gang de femmes. C'est important pour vous d'avoir une catégorie de "vétérans"?
Plus ou moins. Pour moi, ce qui est important, c'est de pouvoir rouler avec des coureuses de mon calibre. Je n'aime pas me sentir "dans les jambes": ce n'est pas plaisant et ça peut contribuer à augmenter le risque de blessure, tant pour celui qui se fait dépasser que celui qui veut passer. Peu importe le nom de la classe, l'important c'est de participer! À quand la classe 55+, pour revenir à trois coureuses???

Meilleurs souvenirs à vie à la FMSQ?
Holala! Beaucoup, beaucoup de bons souvenirs!!! 30 ans de souvenirs!!! Les Toblerones partagés avec Lise et Chantal dans les trails de Labelle. Les partys mémorables de la petite gang des années '80 ( impossible de donner des détails!). Aux Six Jours en Hollande, dans le Red Light à Amsterdam avec Michel Falardeau... Le party des 60 ans de Joël Lepley, un certain soir en Beauce dans ma roulotte. Le premier # 1 de Loïc. Tout le plaisir que j'ai eu et que j'ai encore à partager ce sport avec mes gars et mon chum, ça n'a pas de prix!!!

Le meilleur conseil qu'une doyenne comme toi peut donner aux coureuses qui débutent dans la compétition?
Have fun!!!

Lucie, pour finir, ton défi pour 2016 pour faire peur à Nancy Duquette et à Karine Martel (rires)?
Comme Martin et Loïc me disent: tourne la poignée à gaz!!!

 

Bonne saison Lucie, hâte de te revoir sur la ligne!