Dans la série ''La FMSQ a 45 ans'': Lise Pouliot, une pionnière de l'endurocross, nous raconte...

par Isa More
dans Profils de pilotes

Lise Pouliot. Flashback. Projetons-nous des années en arrière. Aux débuts balbutiants de la FMSQ et de ses premières saisons... Quels sont vos souvenirs de cette période?
Au début des années 1980 (je sais, je sais, plusieurs d’entre-vous n’étaient pas encore « conçus » en 1980!), lorsque j’ai commencé à participer aux compétitions de la FMSQ, il y avait deux types d’événements: les enduros et les trials... Nous étions environ une cinquantaine de participants au total et les classes se limitaient à junior, inter, expert et dames. Les enduros étaient généralement très longs et très techniques et c’est pour cela que nous partions toujours les dernières : Chantal Robidoux, Lucie Bonnier et moi.

Être une femme pilote à cette époque représentait quoi exactement, pour vous les pionnières du sport chez les dames?
Pour moi, cela représentait tout un défi de partir dans le bois en moto trial (au début, je roulais sur une Montesa 125cc). J’espérais seulement ne pas me perdre, ne rien briser et revenir avant la noirceur si possible... Ce qui n’était pas toujours le cas. Chantal, Lucie et moi étions bien plus des co-équipières que des compétitrices!

Quelle serait la plus grande évolution dont tu as été témoin au sein de la fédération pour les femmes?
Sans aucun doute, la multiplication des différentes classes et le nombre d’inscriptions chez les femmes. De 3 à 130 femmes, c’est toute une évolution!

Les femmes sont de plus en plus présentes dans le monde du motocross, en endurocross, comme en MX. Comment expliquer cette engouement massif chez les femmes?
Je crois que lorsque le sport est «trippant», que tu sois un gars ou une fille, c’est attrayant et on a envie de le pratiquer. À l’époque, il y avait peu de femmes en enduro, tout comme dans de nombreux sports considérés à l’époque comme des sports de gars. Nous étions peut-être en avance de quelques années mais heureusement, le mouvement a pris de l’ampleur! Aujourd’hui, la FMSQ détient le nombre le plus élevé de femmes compétitrices en Amérique du Nord. Nous sommes un peu fières d’avoir été les «pionnières»...

On a maintenant une catégorie Dame 35+.  On y retrouve plusieurs mamans de champions qui roulent ensemble, c'est une belle gang. C'est important d'avoir une catégorie de femmes vétérans?
Oh que oui, j’y arrive bientôt à la classe 35+ (rires).

Meilleur souvenir à vie à la FMSQ et en enduro?
Ouf, toute une question! Ils sont innombrables... Mais j’ai dans la tête un certain party de fin de saison où mon chum (Joel Lepley) avait parodié la saison de courses de Michel Dagenais, avec le récit détaillé de Denis Libersan! C’était hilarant et tout le monde, incluant Michel Dagenais, avait beaucoup pleuré ce soir-là. Également, ma première compétition de trial, mon premier « 6 jours du Michigan », mon premier « Alligator enduro » en Floride avec Sophie Charest... Quelques années, n’est-ce pas?

Le meilleur conseil qu'une doyenne comme toi peut donner aux coureuses qui débutent dans la compétition?
Ne pas s’enfler la tête et avoir du plaisir tout simplement (si on veut rouler longtemps, longtemps, longtemps...).

Lise, te reste t'il une coupe d'os non cassés (rires)?
Étonnamment et heureusement, je n’ai pas cassé d’os en moto mais misère... L’arthrose du genou, ce n’est pas drôle!

Bonne saison 2016 Lise et merci!