Katherine Boisvert: de retour de l'enduro du Mini-Pine!

par Isa More
dans Profils de pilotes

Katherine Boisvert#83, tu reviens tout juste en fin de semaine du Mini Pine enduro de l'OCMC (Oshawa Competition Motorcycle club) en Ontario
-leur saison est déjà commencée-.  Y'avait-il beaucoup de participants et comment était la météo (rires)?
Le taux de participation a été particulièrement élevé cette année. Plus de 255 coureurs s’étaient inscrits à la course, mais vu la température, 233 coureurs ont été assez courageux seulement pour se présenter! Il faisait très froid en début de journée. Pendant le meeting pré-course, il s’est mis à neiger jusqu’au départ. J’étais déjà toute habillée pour la course et j’avais eu la merveilleuse idée de mettre aussi mes gants. Résultat : j’ai commencé ma course les gants humides. La première section de transition a été pénible pour moi. J’avais les doigts complétement gelés et j’avais de la difficulté à manier la clutch. Mes doigts ont commencé à dégeler pendant la première spéciale. À quelques reprises, dans la journée, nous avons même eu droit à de la grêle! Ça pince les joues quand on roule à grande vitesse (car oui mesdames et messieurs, j’étais sur le gaz)! Je n’ai pas eu froid, malgré tout, pour le reste de la journée. Il faisait froid en Ontario, mais les gens gardaient le sourire. 

Le Mini Pine est une boucle en général de 80 km (avec une option de 40km pour les débutants), as-tu aimé la ride?
Cette année, le circuit était de 90 km. J’ai vraiment adoré la ride. Initialement, j’étais inscrite sur la minute 43 mais arrivée sur place, ils m’avaient déplacée sur la minute 3 car ils voulaient que les filles partent plus tôt. Habituellement, les pros partent à l’avant donc j’étais un peu inquiète de me retrouver dans une vague de gens bien plus rapides que moi, mais finalement, ça s’est bien passé. J’ai dû me ranger quelques fois sur le côté de la piste entre deux arbres pour laisser passer les fusées mais on les entend arriver de loin donc ce n’était pas si pire. Par contre, à quelques reprises, j’ai regardé à l’arrière pour voir, pensant qu’un autre concurrent arrivait à vive allure, et ce n’était pas le cas. Je déconseille fortement cette technique, car quand on tourne la tête et les épaules dans une direction en moto, on sait tous que la moto se dirige dans cette direction. Or, j’aurais pu me prendre un « bois vert » en pleine face (rires).

Tu as fini toi-même deuxième sur le podium. Dans quelle catégorie t'es-tu inscrite et comment roulaient tes concurrentes?
En Ontario, pour les enduros, je m’inscris toujours Women A. C’est la plus haute catégorie des femmes. Je ne pense jamais être de calibre et finalement, je réalise que je ne suis pas si mal! La raison pour laquelle je ne m’inscris pas dans le Women B est qu’ils raccourcissent le parcours pour cette catégorie. J’aime vraiment les longs parcours. D’ailleurs, en analysant mes résultats, à chaque spéciale chronométrée, j’ai amélioré mon résultat « overall », contrairement à plusieurs compétitrices. J’ai de l’endurance et ma vitesse augmente plus la journée avance. Mes compétitrices sont environ du même calibre. Par contre, je suis toujours triste de voir que nous sommes si peu nombreuses. Je pense que nous étions 7 femmes sur 233 participants au total. Je pense que si plus de gens venaient essayer les enduros, ils aimeraient. On en a pour notre argent! On roule entre 4h et 8h, dépendant de l’enduro. Oui, des fois c’est la misère noire et je m’ennuie de ma mère, mais la plupart du temps les difficultés sont franchissables avec un peu de détermination! Je suggèrerais vraiment à tous (surtout les filles) de venir l’essayer au moins une fois dans l’année.

L'enduro se déroule dans la forêt Ganaraska, combien de kilomètres de Montréal?
C’est environ à 500 km de chez moi. Mais après avoir fait le Beagle Bash deux semaines avant, 500 km ça ne me paraît pas loin. Tout est relatif. 

Qu'est-ce que tu aimes trouver quand tu vas rouler en Ontario?
La principale raison pour laquelle je vais rouler en Ontario est vraiment leur saison d’enduro. Au Québec, il y a peu de circuit compétitif organisé pour l’enduro. Cette année, il y aura la Rivière Rouge les 28-29 mai. J’ai bien hâte d’y aller.

Quelle est la différence entre le Mini Pine et le Great Pine?
Je n’ai jamais fait le Great Pine, mais de ce qu’on m’a dit, c’est le nombre de kilomètres qui diffère. Les deux évènements portent bien leur noms.

As-tu eu la chance de voir les pros Joshua Long, Brian Wojnarowski et Zach Lewis rouler?
Malheureusement, je ne les ai pas vu rouler, et pour être bien honnête, je ne suis tellement pas au courant des champions de catégorie ontarienne que je ne les aurai même pas reconnus. J’ai vu Zach Lewis sur le podium, mais c’est le québécois « Jake the Snake » qui était sur la première marche du podium (lui, je sais c’est qui, rires).

Laminacorr Racing faisait partie des sponsors, as-tu reçu une bourse sur le podium?
En tout, pour les Women A, il y avait 200$ de bourse. 100$ pour la première place, 60$ pour la deuxième place et 40$ pour la troisième place. Il faudrait que je remercie Laminacorr!

As-tu vu beaucoup de québécois de la FMSQ là-bas?  Ont-ils fait des podiums?
Oui, il y avait plusieurs québécois. Je vais sûrement en oublier, ceux de qui je connais les noms : Éric Lessard (Vet B), Thierry Lacombe (Expert), Mike Marcoux (Vet A), Gilles Bussières (Vet A), Luc Bédard (Vet C), Mario Michaud (Vet B) et Mathieu Pronovost (Novice B). Plusieurs ont fait des podiums. Les québécois sont forts! 

Ton meilleur moment de la course?
Les deux dernières spéciales se sont vraiment bien passées. Ça y allait au toast!

Et ton moment à oublier?
La première liaison les doigts gelés. Je ne la trouvais vraiment pas drôle.

Comment prépares-tu ton retour pour la saison qui commence en fin de semaine?
Pour être bien franche, à part rouler les enduros, ma cédule de « mère-à-deux-jobs-qui-part-à-son-compte-qui-fait-son-cours-de-moto-de-route-qui-va-à-lécole » ne me permet pas de rouler autant que j’aimerais. Ça devrait se calmer dans les semaines à venir.

As-tu fait des nouveaux settings sur ton bike?  Tu roules avec quoi?
J’ai relevé le volant de mon KTM 200 XC-W cette année. À date, je suis très satisfaite. Pour le reste, pas de nouveaux settings. Il me manquerait juste des poignées chauffantes pour les journées froides et un suit neuf.

 

Crédit photos : Eric Lessard