Jessy Vallières & Benjamin Carfantan: quand des pilotes de MX viennent flirter avec l'endurocross.

par Isa More
dans Profils de pilotes

Benjamin Carfantan (#325/#25), Jessy Vallières (#187), vous avez quitté les championnats de motocross pour participer principalement à celui d'endurocross de la FMSQ pour 2016, quelle est votre motivation principale à ce changement?
JV: Ma motivation pour 2016 est de me donner de nouveaux défis car depuis 2002, je ne coursais que sur les circuits MX. J’ai fait le Challenge Québec, la CMRC, l'AMXQ, la Winter Serie et aujourd’hui, je ne fais pas un changement drastique, je vais continuer en MX car j’adore ça, mais je veux aggrandir mes horizons en enduro avec les courses de 2h30.
BC: La motivation principale serait de changer un peu de domaine, faire autre chose. Cette année, je ne ferai pas juste de l’endurocross, je ferai les deux, mais un peu plus relax, la semaine est dure quand tu es mécanicien chez Duroy KTM, donc on va essayer d’avoir du fun les fins de semaine!

Vous avez fait votre première course à La Tuque en fin de semaine. Benjamin a fait un holeshot et a terminé quatrième et Jessy huitième en Inter. On peut dire que vous venez piquer des bonnes places aux enduristes (rires)! Les enduristes devront-ils vous craindre?
JV: Je ne sais pas si les enduristes devront nous craindre mais oui, nous allons changer les résultats un peu. J’ai terminé huitième en intermédiaire après plusieurs accidents dans les premiers tours, alors j’espère faire mieux à Ste-Véronique.
BC: J'ai fait le holeshot et fini quatrième. La reprise était dure et c’était juste la troisième fois que je roulais de la saison. La première, c’était juste une mise en jambe, le reste reste à venir. Je ne dirais pas qu'on est beaucoup plus en forme que les autres, mais la technique MX nous aide beaucoup. C’est sur que je connais une coupe de pilotes MX que s'ils descendaient, il faudrait avoir un peu peur, mais le feeling des gates de départ les retiennent là-bas!

Dans le mot ''endurocross'', il y a le mot ''endure''(rires). Qu'est-ce-qui a été le plus difficile pour vous dans cette première manche?
JV: Ce qui est dur en enduro, c'est d'être capable de gérer son temps pour une durée de 2h30 au complet. Alors, nous devons sacrifier un peu notre agressivité.
BC: Le plus difficile, c’est de partir mais sans mettre le gaz dans le fond, sinon vous allez risquer l’épuisement. Pour cette première manche, la partie dans le sable était rough, mais le fun.

Quand on dit qu'une course d'endurocross nous a apporté des ''bons souvenirs'', ça veut dire quoi pour vous?
JV: Ceci était ma troisième course à vie en enduro et j’ai essayé de pousser un peu plus mais cela n’a pas fonctionné car au premier tour, j’ai touché un arbre, ce qui m'a fait perdre beaucoup de temps, cela me donne un bon souvenir!
BC: Quand je pratiquais la moto trois fois par semaine, que j’avais un physique d’acier, là les 2h30 auraient été faciles.

Quand votre mental vous envoie le message d'abandonner par fatigue, déshydratation ou les mains et les genoux pleines d'ampoules, vous faites quoi pour trouver un peu de force mentale pour continuer? Avez-vous une personne inspirante à qui penser pour sortir de cette zone d'inconfort?
JV: Pour une course de 2h30, nous ne devons pas écouter notre corps, nous devons juste réussir à passer le damier pour ainsi avoir une fierté morale d'avoir réussi à finir la course.
BC: Tout dabord, on se dit qu'il va rester juste un tour, après il y a tous vos amis qui sont là pour vous encourager. Mon mental est bon mais des fois, il me joue des tours (rires). Et oui, il y a Marianne Brodeur, collée sur mon garde boue avant, je dois la regarder au moins quinze fois si ce n’est pas plus. Elle n’aurait jamais abandonné, c’était une guerrière.

Est-ce que vos amis du MX vous traitent de dingue (rires)?
JV: Je n’ai eu aucun commentaire de leur part et cela ne me dérangerait pas qu'ils le fassent.
BC: Non pas de dingue.  C’est vrai qu’il y en a beaucoup qui me demande pourquoi j’ai arrêté le MX. Mais je n’ai pas arrêté, j’en fais toujours, sauf moins. Et puis, j’ai beaucoup d’amis qui font de l’endurocross, donc ça passe bien.

Ce qui vous manque le plus dans une course d'endurocross versus une course de MX?
JV: Ce qui me manque ce sont les sauts, mais nous allons en avoir à Ste-Véronique.
BC: La sensation sur le départ et les gros 110 pieds (rires).

Vous vous adaptez bien aux départs le moteur éteint?
JV: Les départs à moteur éteint sont difficiles pour ma part, je me mets tellement de pression que je ne suis pas capable de partir ma moto du premier coup.
BC: Ça change c’est certain, mais c'est pas mal le fun aussi. Il faut juste un bike qui starte bien et GO!!

Qui vous a convaincu d'embarquer dans la série de la FMSQ?
JV: Les personnes qui m'ont convaincu sont tous mes amis d’enduro. lls m'ont dit d’essayer ça une fois et depuis, j’ai adoré mon expérience.
BC: Mon chum Kevin Vezina qui course. Il m'a tout simplement proposer d'aller faire une course. J’y suis allé, c’était dur, mais le fun.

Qu'est-ce qui manque à un pilote de MX pour performer en endurocross?
BC: Tout simplement de l’endurance car la technique ils l’ont déjà. L'endurocross serait comparé à un marathon et le MX a un sprint de 200m, mais les deux sont tout aussi durs.

Vous choisissez quel type de pneus et comment ajustez-vous vos suspensions pour le bois et la track rapide (comme pour la prochaine à Ste-Véro par exemple)? 
JV: Je choisis les pneus soft. Oui, il sont finis après la course, mais ils font une fantastique job! Nous, le monde du MX, avons la chance de gagner du temps sur le circuit MX, alors on va plus opter pour une bonne suspension pour la piste que le bois. Pour l’instant, je fais des tests de suspension pour l’endurocross. Mes settings ne sont pas parfaits, mais il sont différents de ceux pour le MX. J’ai mis aussi des protecteurs de mains et un skid plate!
BC: En endurocross, il y a toujours plus de bois que de sable, donc mieux vaut aller sur un pneu Mix Soft. Moi, j’utilise le MS3 de chez Michelin et ça va très bien. J’ai eu aussi de très bons retours sur le nouveau MS5 de Michelin. L’ajustement pour Sainte-Véronique est déjà fait par mon préparateur: c’est simple, c’est rapide au 50% de la première descente et le reste dur. Je n'ai pas changé de bike pour l'endurocross, je garde mon 250 sx KTM. J'ai ajusté le moteur puisqu'il est plus en bas régime, j'ai une plus grosse tank à gaz et j'ai acheté le kit de suspensions enduro d'Alexandre Gougeon. Ça fait un bike sur la coche pour du MX ou pour de l’endurocross.

Remerciements à faire?
JV: Je tiendrais à remercier tout le monde d’enduro qui aide toujours. En MX, nous nous parlons tous, nous sommes tous amis.  Mais en enduro, c'est différent, c'est encore plus familial, tout le monde aide les coureurs sans exception, cela fait une grande différence.
BC: Merci a Duroy KTM, Team RedAndFred, Champ Factory USA, Soudure Moto X, Usinage Brodeur, Amaro.Merci les gars!