Anik Boulianne: la bombe des Dame 35+

par Isa More
dans Profils de pilotes

Anik, tu arrives nouvellement cette année dans la série endurocross FMSQ dans la catégorie des Vet+35.  T'essaies une course comme ça à La Tuque aux 12 heures et tu la gagnes, et c'est la piqure?
C'est justement cette première victoire qui m'a donné le goût de poursuivre le championnat 2016.

Depuis, tu les as quasiment toutes gagnées!  Quelle expérience as-tu en motocross? En tout cas, tu fais transpirer tes co-pilotes (rires)!
J'ai commencé la motocross à l'automne 2004. À l'époque, j'ai "troqué" mon super-motard pour un motocross et j'avais eu la bonne idée d'aller l'essayer lors d'un événement de la FMSQ... Je n'ai jamais terminé le tour de pratique (il y en avait à ce moment là). J'ai bien cru que j'allais y laisser ma peau (rires). J'ai décidé, par la suite, d'apprivoiser ma nouvelle machine tranquillement et j'ai participé à mes premières courses de motocross et d’endurocross l'année suivante et ça s'est poursuivi jusqu'en 2009. Mon retour sur les "tracks" s'est fait l'an dernier après une pause de presque 6 ans.

On t'a vu à Tring-Jonction avoir un départ catastrophique et remonter toutes tes concurrentes le couteau dans les dents. Cela trahi-t'il ta grande compétivité (rires) et une énergie de feu?
Je suis, en effet, trrrrès compétitive et je prend vraiment à cœur tout ce que j'entreprends. Mon départ manqué à Tring-Jonction en est un bel exemple. Quand j'ai vu toutes les filles décoller pendant que moi je tentais toujours de partir ma moto, les fils se sont touchés et j'ai enfin réussi à décoller comme "une poule pas de tête", pour finalement aller m'échoir dans la belle grosse flaque d'eau qu'il y avait au milieu de la track. Je crois avoir repris mes esprits au troisième tour (rires).

Dans la semaine, as-tu un métier qui demande autant d'énergie que rouler ou, au contraire, tu te défoules les fins de semaine de FMSQ après une semaine tranquille?
Non pas du tout. Je suis technicienne dentaire pour l'entreprise familiale dans la vie de tous les jours. Un métier très manuel qui demande beaucoup de dextérité. Un job idéal pour se reposer physiquement du week end.

Qu'est-ce que les autres pilotes, qui sont derrière toi, devraient faire pour te dépasser (rires)?
Demandez à Nancy Duquette, elle semble avoir trouvé la formule à La Tuque ou bien à Martine Lantin qui m'a donné du "fil à retordre" lors de la dernière course également.

Expliques-nous un peu ta passion pour la moto. Chez les filles, c'est toujours intéressant de savoir comment elles sont nées dans le milieu et comment elles ont évolué.
D'aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours adoré la moto, mais les chevaux ont pris une place bien importante dans ma vie. J'ai participé à plusieurs compétitions équestres pendant une douzaine d'années. C'est donc à l'âge de 20 ans que j'ai eu ma première moto. Une Yamaha R6 que j'ai usé à la corde et ensuite échangé pour un super motard que j'ai roulé hiver comme été, sur la glace, sur les tracks ou sur les routes et le motocross m'a finalement conquise.

 

Te prépares-tu (entraînement, alimentation, sommeil...) avant une manche d'endurocross ou c'est pas mal 'al improviso dans ton cas?
Rien n'est improvisé avant une course, même le repas de la veille. Je m'entraîne toute l'année, 5 à 6 jours semaine. J'ai comme optique que l'on se doit d'être en forme pour pratiquer ce sport et non penser se mettre en forme en le pratiquant.

Tu nous as dit que ton chum roules aussi, mais qu'il vient du milieu du MX, vas-tu le convaincre à se lancer en endurocross?
Assurément! Il est grand temps qu'il y goûte! Et je crois bien que ça commence à l'attirer!

La grande différence entre le MX et l'endurocross pour toi et les forces de chaque discipline en comparaison?
Quoique similaires, ces deux disciplines sont très différentes. En MX, tout se joue rapidement, tandis qu'en enduro tout est possible, même en partant loin derrière! L'enduro demande aussi beaucoup de concentration et d'analyse de terrain, tandis qu'en motocross, on roule la machine au fond pratiquement en tout temps.

Si tu n'es pas en endurocross en fin de semaine, comment occupes-tu tes samedis et dimanches?
Je possède encore trois chevaux, donc ça occupe une bonne partie de mes temps libres, sinon, je roule ma moto de route ou encore je m'entraîne sur l'une ou l'autre des belles tracks de motocross que l'on a au Québec.

Quelle est la personne en moto que tu admires le plus?
Steel Cutter. Je trouve ce rider très rigoureux et accessible. Il travaille très fort avec beaucoup de discipline, et c'est tout en son honneur.

Le meilleur conseil d'une fille de ta fougue à une débutante?
"En cas de doute, tiens ça au bout". Très bon conseil reçu d'un excellent rider inter de la FMSQ (#767 pour ne pas le nommer, rires). Tout est possible, il faut croire en ses rêves, foncer et persévérer.

Bonne fin de saison Anik de feu!

Crédit Photo: à déterminer.