Team Beaupré/VTT

par Isa More
dans Profils de pilotes

TEAM BEAUPRÉ EN VTT:

 

Jean-Philippe Beaupré, tu as dans ta famille trois coureurs de VTT dans la FMSQ, tu nous les présentes? Dans quelles catégories coursez-vous?
Effectivement, nous sommes trois à courir dans la FMSQ. Il y a ma fille Laura, 3 fois championne en 3 ans (PEE-WEE A en 2013 et 2 fois en Dames en 2014 et 2015). Cette année, elle court en Junior, un grand changement, mais avec le temps, elle va arriver à monter sur le podium c’est certain (fait à la Guadeloupe/Manche 8!!). Ensuite, il y a Marianne, notre nouvelle recrue. Ça faisait déjà quelques années qu’elle nous demandait de faire partie de l’équipe, mais ma femme préférait attendre un peu, elle avait déjà assez de stress pour nous deux, elle pensait que Marianne allait changer d’avis en vieillissant, mais finalement non. Celle-ci court en Pee-Wee B. Elle se met beaucoup de pression sur les épaules, car depuis le début qu’elle nous suit aux courses et qu’elle nous voit souvent gagner, elle aimerait bien faire de même. Et finalement, il y a moi, c’est ma septième saison, dont quatre saisons cette année dans les Senior. J’ai débuté en 2010 dans la catégorie 30+, mais les deux premières saisons, je n’ai pas pu terminer à cause de blessures. Je n’avais aucune expérience à mon arrivée dans la FMSQ, c’est avec de la persévérance que j’ai pu m’améliorer.

Avec ces trois pilotes dans ton équipe, racontes comment tu t'organises pour ne pas manquer un seul départ?
Disons que cette année, je me suis posé beaucoup de questions à savoir si je revenais. Le fait d’avoir trois VTT à s’occuper afin d’être tous prêts à chaque deux semaines ça demande beaucoup de temps. Comme beaucoup de gens, mes minutes sont comptées, mais on y arrive toujours. J’aurais aussi aimé être sur le bord de la track pour voir ma fille Laura. C’est la première année qu’on court en même temps, sur le même circuit, et ça m’a beaucoup tracassé dû au fait que s’il lui arrivait un bris je ne pourrais pas être là pour réparer. L’important c’est sa saison à elle et non la mienne.

Tu as deux filles et ta plus grande Laura court chez les Junior à son jeune âge grâce à ses performances. Finalement, pas besoin d'un gars dans ta famille (rires)!!!
Correction : J’ai trois filles. Seulement deux sur les trois font des courses. La plus vieille, Camille, n’en fait pas, ça ne l’intéresse pas. Toutefois, en 2012, elle a travaillé comme back up manuel pour la FMSQ, ça nous permettait vraiment d’être toute la famille aux courses. Laura est la deuxième de la famille et Marianne la dernière. Effectivement, pas besoin de gars dans la famille. Malgré toute leur féminité, mes filles aiment bien l’adrénaline que leur apporte l’endurocross. Avec les courses, nous avons développé une très grande complicité.

Qu'est-ce qui t'as amené personnellement au VTT et à l'endurocross?
En 2009, ma femme et moi sommes allés voir quelques courses de MX (courses VTT). Alors que je venais d’acheter mon premier quad, quelqu’un m’a dit que je devrais essayer l’endurocross avec la FMSQ. Avec l’aide de Dominic Poirier (no 62), mécanicien Kawasaki, j’ai pu me préparer un VTT pour les courses d’endurocross. Depuis ce temps, nous sommes devenus amis et sommes ensemble aux courses.

Tu roules dans la catégorie Senior et on peut dire que ça roule très vite, comment se passe ta saison 2016 et comment est ta gang de pilotes?
En Senior, c’est vraiment une belle gang. Nous voulons gagner, mais pas à tout prix (car on sait qu’il n’y a pas d’argent à gagner au bout de la ligne, rires). On laisse passer celui derrière nous quand on se sent plus fatigué et on se dit que si le regain d’énergie revient on ira bien reprendre notre place. Une chose est certaine cette année, c’est que la gang a augmentée et le calibre aussi, ça nous donne plus de challenge et c’est super. J’ai obtenu la plaque no 6 après ma saison 2014. En 2015, j’ai obtenu la 11e place overall et cette année n’est pas partie pour être la meilleure depuis les 3 dernières années. (Après cette entrevue, Jean-Philippe mène finalement à la troisième place du championnat avec 136 points, derrière Patrick Bonin avec 141 points, donc sans doute pas si horrible que ça son championnat 2016, il lui reste une course à Ferme-Neuve!). À Franklin, par exemple, j’ai eu un bris, alors j’ai dû m’arrêter après 1 heure de course. Et oui, la classe Senior ça roule....

Pour quel pilote de VTT as-tu beaucoup en respect dans le milieu et pourquoi?
Si on parle du Cross country en général, je pense à Adam McGill (en GNCC), mais plus près de nous, deux noms me viennent en tête sans hésiter. Amélie Lavallée, la seule femme Pro à s’être illustrée en FMSQ. Bien sûr, actuellement, PY Deneault est sans doute le pilote le plus persévérant, malgré les ennuis, il sait toujours revenir en force et il a toujours de très belles batailles avec ses adversaires. De plus, il est la référence en suspension et il est toujours disponible pour nous aider. Selon moi, peu importe la catégorie, tous les pilotes méritent le respect, ce n’est pas facile pour personne. Que tu gagnes ou non, tous les efforts ont été consentis.

Sur quel jeune pilote actuel mettrai-tu tes plus grands espoirs?
C’est certain que je mise beaucoup sur ma fille Laura d’autant plus qu’elle est l’une des seules filles à faire la saison complète (Marianne deviendra sans doute aussi bonne avec tous les bons conseils de sa sœur). Toutefois, maintenant, Laura travaille les fins de semaine, elle a donc beaucoup moins de temps pour se pratiquer et s’améliorer, car on ne se le cachera pas, passer de 1h à 1h30 avec un circuit beaucoup plus difficile ça prend de l’endurance et encore plus de technique. David Laroche est un très bon pilote qui se démarque depuis quelques années. De plus, je crois que Michaël Mayer fera sa place très rapidement.

As-tu de l'aide de commanditaires pour poursuivre toute la série?
Laura réussit à aller chercher quelques montants d’argent de certains commerces dans notre ville. J’ai des rabais chez mon concessionnaire Kawasaki (Beauce-Sport), Hypertech pour les lubrifiants, Motovan pour les pièces, sans oublier Multi-Mécanique Pierre Jacques à Thetford Mines avec son excellent service de dynamomètre ainsi que PY Racing qui nous donne un bon coup de main avec nos suspensions Elka.

Quel rôle donnes-tu à ta femme Valérie Gervais, elle n' a pas besoin de VTT pour courir avec vous trois (rires)?
Ma femme est là à toutes les courses depuis 2010. En fait, elle n'en a manqué que deux au total. Elle adore nous supporter. Elle n’aime pas conduire les VTT, mais elle parle toujours des courses avec passion. Je travaille 10 à 14h par jour, je reviens à la maison vers 23h15, elle s’occupe donc des enfants (malgré le fait qu’elles sont maintenant plus vieilles), les devoirs, les rendez-vous, les repas et tout le tralala, ça existe dans toutes les familles, vous savez sans doute c’est quoi (rires). Le jeudi avant les courses, elle prépare tout le set-up pour que moi je puisse « packter » le vendredi matin. Nous avons cette chance-là, je ne travaille pas le vendredi et elle termine à midi. Donc, on peut se permettre d’arriver aux courses pas trop tard. Malgré le fait qu’on n’a pas de « pit », elle « court » pour nous approvisionner en lunettes et gants lors des courses aux conditions plus difficiles, voire même aider à changer des pneus au besoin. Elle surveille pour s’assurer que tout est correct pour nous.

Qui s'occupe de toute la mécanique au retour des courses?
Moi, moi et moi (rires). Je suis mécanicien de véhicules lourds et j’ai appris avec le temps la mécanique de mes machines. Le dimanche, je lave les VTT et les équipements et aussi je fais l’inspection des bikes. S’il y a des bris, je dois en faire un peu à chaque jour, car je n’ai qu’une heure ou deux le matin avant de partir travailler. Ensuite, je finalise le vendredi suivant et au besoin, le samedi et le dimanche.

Dernier mot que tu voudrais partager?
J’ai participé l’hiver dernier à deux GNCC. J’ai compris la définition de l’expression « The toughest sport in America ». J’invite les adeptes à vivre l’expérience au moins une fois dans leur vie. Finalement, je veux dire un gros merci à tous nos promoteurs, la FMSQ et les bénévoles qui travaillent avec ardeur pour alimenter notre passion. Longue vie à la FMSQ. J’ai toujours été fidèle à la FMSQ, car j’aime bien l’ambiance et le respect qui y règne. Finalement, j’espère bien que la relève saura combler les départs des vieux comme moi qui prendront un jour leur retraite (rires).

TEAMBEAUPRE3

Merci Jean-Philippe et à ta fantastique TEAM BEAUPRÉ! Bonne fin de saison!

 

Autre crédit photos (famille Beaupré): Isa More, St-Michel des Saints.