Notre sweeper en chef: Pascal Primard

par Isa More
dans Profils de pilotes

Pascal, tu es le sweeper en chef de la FMSQ. Quand as-tu commencé à travailler pour la fédération? Et pourquoi?
J'ai commencé ce job à la saison 2015. Je voulais prendre une pause de la compétition. J'aime rider, je voulais continuer à rouler. J'ai vu l'offre d'emploi sur le site de la FMSQ et je me suis dit que cela pourrait très bien combler mon besoin de rider sans compétition.

Quelle est ta responsabilité exactement à chaque course?
Avant chaque départ, ma responsabilité consiste à vérifier le circuit pour m'assurer qu’il soit en bon état (obstacles, banderoles, flèches et identification des dangers) afin d'effectuer les correctifs, s'il y a lieu. Pendant les courses, c'est la même chose. Le plus important est de voir aux coureurs/coureuses dans le besoin d'assistance. Après la course, je fais un dernier tour pour valider qu'il ne reste aucun participant en piste et que tous sont rentrés à bon port.

'Sweeper', 'marshall', il y a plusieurs noms pour déterminer cette fonction en anglais, mais en français on dit comment?
En français, le terme que l'on entend le plus souvent est ''lapin''.

On entend souvent dans les puits des commentaires très positifs sur vous; comment les pilotes vous lèvent le chapeau, à toi et à tes aides comme Ben Lalonde, Tommy Robidoux, Sylvain Le Gad (j'en oublie je crois!), d'avoir la lourde tâche d'aider tous ceux qui sont coincés dans la schnoutte et de rouler en plus toute la journée du samedi et toute celle du dimanche. Est-ce qu'on se tanne vers la fin de la journée et est-qu'on aimerait que les membres soient un peu plus autonomes (rires)?
Les gens nous disent merci régulièrement. Ils nous parlent, nous saluent, nous font des blagues et autres gestes de ce genre, ce qui est d'ailleurs très apprécié. Se tanner, moi certainement jamais (rires). Plus la journée avance, plus nous roulons. L'avant-midi pour les jeunes, c'est toujours agréable de les regarder rouler et de les aider. Ensuite le calibre augmente et c’est différent. On roule d’avantage, la piste change et les besoins également. Dans la journée, il y a parfois des modifications à apporter à la liste afin de rendre le tout plus sécuritaire et plaisant, tout en gardant l’atmosphère de la course.

En plus de ce travail, tu prépares le set-up de la FMSQ et tu défais le tout le dimanche soir quand tout le monde a hâte de partir au plus vite. Tu plonges dans une méditation profonde pour finir la job le dimanche soir ou pas? Mais comment-tu fais? Es-tu tombé dans une potion magique quand tu étais petit (rires)?
(Rires). Oui effectivement cela fait un week-end bien rempli! Il y a certains dimanches plus difficiles que d’autres mais dans l’ensemble, je tente de m’amuser peu importe ce que je fais.

Donc demi-dieu de la FMSQ mais aussi très, très bon pilote. As-tu déjà coursé pour la FMSQ et est-ce que cela te manque?
(Rires). Demi-dieu, elle est bonne celle là. Plus jeune, je coursais en MX et en 2000, j'avais décidé de faire autre chose (moto de route) mais le motocross me manquait donc retour en 2008. Mes amis m'avaient convaincu de faire une course à Victo en 2008 et depuis ce jour, je suis membre FMSQ. Je coursais avec les 30+. Oui, quelques fois cela me manque, le challenge, l'adrénaline du départ, la pression de la course et la gang de rideurs.

Demi-dieu de la FMSQ, très bon pilote et super papa de cinq enfants, dont deux coursent. Tu peux nous présenter tes boys, leur catégorie et leurs performances en 2016?
Bon arrête, je vais devoir m'asseoir avec le C.A. pour revoir le contrat du demi-dieu (rires). Mes gars, c'est pour eux que je fais tout ça. Comme dans ton autre question, ce sont eux ma potion magique. Mon premier garçon est Étienne, 16 ans, catégorie amateur 17- . Deuxième saison pour lui en endurocross et il a fini 8ème au championnat, une belle saison pour le joueur de soccer qu'il était. The next is Simon-Olivier, 14 ans, catégorie écolier A. Il course à la FMSQ depuis l'âge de 6 ans. Il adore ce sport et tout le reste qui va avec, lavage, mécanique, préparation et entraînement. Troisième au championnat cette année et toujours dans les trois premiers dans ses autres championnats et il compte bien garder la cadence pour l'avenir (pression maternelle, rires). Et peut-être allons-nous voir Félix en écolier B l'an prochain.

Es-tu leur coach ou c'est plutôt le genre qu'ils t'abandonnent pour aller rouler avec leur gang?
Leur coach, oui. Je leur donne les trucs que je connais, lorsqu’ils le veulent bien (tu sais les ados) et je les fais pratiquer lorsque l’on peut.

Tes autres enfants roulent-ils?
Mes filles ne veulent pas courser, elles préfèrent en faire seulement quelques fois pour le plaisir. Dommage, parce que Sarah-Jeanne aurait vraiment du talent, mais elle et sa sœur Juliane préfèrent la gymnastique. Juliane aime également la danse et la musique.

Roules-tu en plus des fins de semaine? Si oui, es-tu plus track ou sous-bois?
Oui, une fois dans la semaine et tous les week-end que nous ne sommes pas aux courses. J’aime les deux, mais j'aime bien jumper!

Ce que tu aimes le plus dans ton travail?
Je crois bien que d'aider les autres et de rendre les évènements possibles sont les choses que j'aime le plus de ce job. Job que j'aime tout simplement!

Sens-tu la reconnaissance des pilotes quand tu les sors du pétrin? Qui sont les plus démonstratifs? Les enfants, les femmes, les hommes?
Les enfants n’ont pas trop connaissance de tout ce qui les entourent. Par contre, les femmes lorsque leur demi dieu arrive, elles sont toujours contentes (rires). C’est une farce, mais honnêtement, je crois que tout le monde est bien content et reconnaissant lorsqu’on est là pour les sortir du pétrin.

Raconte, quelle est l'anecdote la plus drôle de ta carrière comme sweeper?
Parfois, lorsque je roule, il m’arrive de ne pas tenir adéquatement sur mes deux roues. Dans ces moments, j’espère toujours que personne ne m’a vu ou capté des images de moi couché dans la boue ou dans les racines....

Le lundi matin, tu travailles ou tu ne te lèves pas avant midi (rires) pour récupérer des fins de semaine de course?
À 6h00, je suis levé le lundi matin pour faire déjeuner mes enfants et ma conjointe, les lunchs, la planif de la semaine, etc. J’attends que tout le monde soit parti et la journée commence. Je suis un jeune retraité depuis deux ans maintenant. Mes semaines sont occupées de plaisir à moto, de petits travaux à gauche et à droite, je vais visiter les pistes pour les prochaines courses et on nettoie la roulotte, les motos, l'équipement de moto, etc. Et nous sommes déjà rendus au vendredi pour un autre weekend de motocross!

À la fin de la saison, en profites-tu pour faire du divan-chips-télé et qu'on ne te parle plus de motos (rires)?
Divan-chips-télé, je ne connais pas cela du tout, un film à l’occasion seulement. Mes garçons et moi, on fait de la moto le plus souvent possible avant que la neige tombe. L’an dernier, le 24 décembre j’étais sur mon motocross avec ma gang.

Quand est-ce que tu commences vraiment à manquer la reprise de la saison FMSQ?
Je suis une personne qui ne tient pas vraiment en place. Durant l’hiver, on fait de la planche à neige en famille. On profite de la nature et nous n’avons pas le temps de nous ennuyer. Mais, lorsque la neige commence a disparaître, on pense au motocross et là, j’ai hâte.

Merci Pascal pour tout, de la part de la FMSQ au complet et de tous nos membres de qui tu as le plus grand respect!
On a hâte de te revoir en 2017, mais on te souhaite de profiter de toutes tes fins de semaine libres!

 

Crédit photos:  Kiwi Dubois (jump) et Maude Giroux (sweepers).