Entrevue père-fils: Hervé et Marc-André Beaudoin.

par Isa More
dans Profils de pilotes

 

Hervé, trimballes-tu ton fils aux courses de la FMSQ depuis longtemps?
Si je me souviens bien, ça fait 9 ou 10 ans...

Marc-André, quels souvenirs conserves-tu de tes fins de semaine la de FMSQ depuis ado?
J’ai commencé la moto à l’âge de 13 ans je crois et j'ai commencé à courser de temps à autres vers 14-15 ans. Je me souviens des feux de camp avec Napoléon et Nino Martel et de regarder à l’époque Jason Thomas détruire tout le monde chez les pros… Nous étions vraiment impressionnés de le voir aller… WOW!

Cette année, Marc-André est époustouflant chez les pros. Marc-André. qu'as-tu amélioré cet hiver et ce printemps pour te retrouver sur le podium et à moins d'une minute de Philippe Chaîné, donc de la première place?
Ce serait plus vite de dire ce que je n’ai pas changé dans ma vie au cours de la dernière année (rires). Non, mais sans farce, j’ai changé beaucoup de choses dans mon entraînement et je crois que c’est ce qu’il me manquait depuis plusieurs années chez les experts. Je ne fais rien d’incroyable comme training, mais juste ce changement à beaucoup amélioré mon endurance et certaines faiblesses que j’avais. Faut dire que je dois aussi remercier ma blonde qui me pousse beaucoup dans le *** pour que mon alimentation soit sur la coche. Ça fait une bonne différence sur ma condition physique ! Je crois que c’est un très bon pas dans la bonne direction et je bâtis là-dessus pour les saisons futures.

 

Hervé, quand tu vois ton fils se battre sur le terrain et réussir ainsi, quels sentiments ressens-tu?
Un grand sentiment de fierté. Je suis très conscient des efforts, de l’entrainement, de la persévérance, des privations nécessaires pour accéder aux marches du podium que je me dis qu’il est prêt a affronter n’importe quel obstacle de la vie.

Marc, ta blonde course aussi (Anne-Marie Legros-Jacques) dans la catégorie Dames. Est-ce que c'est difficile d'être un chum et un coach en même temps? Écoute-t'elle tes conseils?
Ooohh, question à double tranchant (rires). Disons seulement que la première saison, lorsque Anne-Marie a décidé de courser la saison complète dans les Dames débutantes A, on a connu des hauts avec quelques bas lorsque je mettais mon casque de coach. Je me suis souvenu à une époque de mon adolescence lorsque mon père me conseillait de faire quelque chose d’une certaine manière et que j’avais une approche plutôt négative… Mais cette méthode fonctionnait super bien et bien c’était un peu la même chose avec Anne (rires)!

Hervé, tu courses aussi chez les Vet +50. Qu'est-ce qui change quand on vieillit et qu'on roule encore (rires!)? Est-ce que ta femme te dit: ''Hervé, that's it, range moé ça!'' (rires)?
Ce qui change, c'est sans aucun doute le processus de guérison après les petits bobos. Et elle ne ma jamais dit de ranger ca, elle adore !!!

Marc, quand est-ce que tu peux dire que ''l'élève a dépassé le maître'' et que tu as dépassé ton père dans vos pratiques la première fois? Tu te souviens de ce feeling, de t'avoir dit genre: ''Enfin!'' (rires)?
Dans mon cas, il n’y a pas eu vraiment ce moment parce que mon père a recommencé à faire de la moto après plus de 25 ans lorsque j’étais, je crois, en junior et que pour le convaincre de s’acheter une moto, j’ai passé des soirées complètes à lui dire « Come on Dad, ça serait cool que tu courses avec nous !! Il y  a plein de classes de vieux de ton âge !!! ». Mais quelques années plus tard, lorsqu’il a fini d’être vet après deux tours chez les amateurs 40+ sur son Suzuki 125, il a commencé à rouler vraiment fort sur son 250f. Il a même gagné l’Overall le matin plusieurs fois et j’étais vraiment fière de lui… Même les autres gars en expert regardaient la course de 11h avec moi et me disaient souvent : « Wow, ton père est sul' gaz en criss! ».

Hervé, est-ce que ton père était dans le monde de la moto? Qu'est-ce qui t'amènes à ce sport dans ta vie?
Mon père est un ancien coureur de course d’auto sur terre battue, la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre!
J’ai moi aussi compétitionné en motocross dans ma jeunesse, puis j'ai laissé tout ça par la suite pour les études et pour la famille ensuite. Puis, finalement, j'ai effectué un retour 25 ans plus tard sous la pression et au grand plaisir de mes deux garcons. Ouf, ça a été dur!!!

Marc-André, t'es tu déjà rebellé contre Hervé pour faire un autre sport dans ta jeunesse? Si oui, lequel, si non, explique un peu ta passion.
En fait, j’ai pratiqué à peu près tous les sports possibles étant ado: football, soccer, baseball, basketball et j’ai joué au hockey pendant plus de 12 ans dans des niveaux compétitifs pour finir chez les juniors. Il y a un seul sport dans lequel j’ai dû me battre et j’ai dû prouver que je voulais vraiment faire ce sport et c’est la… MOTO…. Ce que mon père n’a pas dit plus haut c’est qu’il a dû se retirer du sport parce qu’il a eu d’assez grosses blessures lorsqu’il faisait des compétitions en MX étant ado. Il avait un avenir assez prometteur dans le MX avant de se blesser et mon pépère Beaudoin a décidé de tout vendre parce que mon père s’était trop magané lors de ses blessures. Donc, il ne voulait absolument pas que je fasse de la moto étant donné que c’est un sport extrême avec de hauts risques de blessures.

Marc-André, tu coaches ton père pendant sa course, comment il se débrouille? Et lui, suit-il tes conseils?
Oui je crois qu’il aime bien que je lui donne des « tips » avant sa course sur mon impression de la piste. Ça me fait un peu bizarre parfois d’être dans le rôle inverse d’un père avec son fils, mais la moto est bien le seul temps où je peux me permettre de lui donner des conseils. Mon père depuis environ 2 ans course chez les 50+ et il prend ça beaucoup plus tranquille que lorsqu’il coursait chez les sportsman. Je trouve ça super parce que je n’aimerais pas le voir se blesser sérieusement.

Hervé, qui sont tes principaux concurrents pendant ta course? Ce sont des chums aussi j'imagine?
Tous des gentilhommes! J’ai participé avec les 40 ans l’après-midi, les 40 ans amateur, les amateur A, les sportsman et maintenant les 50 +. Je me suis fait beaucoup d’amis.

Marc-André, l'année dernière, tu as vécu beaucoup de frustration par rapport à tes résultats, qu'est-ce qui fait qu'en 2017 ça roule mieux ta saison?
Je crois que la plus grande différence se résume en un seul mot : Confiance!!! J’ai une grande confiance en ma moto et en mon training également; ce que je n’avais pas l’an passé. J’avais quand même été capable de finir la saison en beauté l’an passé, mais ce n’est tout de même pas comparable à cette année. Je veux juste continuer ce que je fais et garder ma tête concentrée sur les courses une à la fois. On verra bien ce qui se passe une fois la dernière course terminée, mais je suis quand même très content jusqu’à présent!

Maman Beaudoin est présente et supporte ses hommes et sa belle-fille. Quelle est la chose que tu tiens de ta mom Marc-André?
Je tiens beaucoup de choses de ma Mom… Peut-être un peu trop (rires)… Non, mais ce que je garde de plus positif de ma mère est, je crois, la force de caractère et d’avoir beaucoup de ténacité dans les choix que je fais… Comme elle le dit si bien : « Quand M-A. a quelque chose en tête, il ne l’a pas dans le ..... » (rires). Merci Mom!

Hervé, Marc-André, qui sont les pilotes qui vous inspirent plus dans le milieu?
Je crois que le pilote qui m’inspire le plus en ce moment est Thad Duvalls qui roule en Husky aux States. Il est complètement en feu cette saison. Il a gagné plusieurs fois cette année l’Overall au GNCC et en enduro et le plus fou c’est qu’il n’avait pratiquement pas gagné depuis plus de cinq ans chez les pros au GNCC et en Enduro !!

MERCI LES BEAUDOIN ET BONNE CHANCE!
C'EST UNE IMPORTANTE COURSE POUR MARC-ANDRÉ QUI JOUE SA PREMIÈRE PLACE AU CHAMPIONNAT DANS LES EXPERTS EN FIN DE SEMAINE  A CASSELMAN!