Entrevue père-fils: Mario et Jake Michaud

par Isa More
dans Profils de pilotes

Mario, comment as-tu fait pour faire commencer Jake en moto? Il aimait ça?
Jake était très habile en vélo dès son tout jeune âge. À 3 ans et demi, il n'avait plus de petites roues et il voulait absolument avoir sa moto. Je lui ai alors dit qu'il devait apprendre à conduire quelque chose de plus lourd. C'est à ce moment là que j'ai attaché des poids altères sur son vélo (rires). Ensuite, à 4 ans, je lui ai acheté sa première moto sans le dire à sa mère. Jake était tellement content qu'il m'a serré dans ses bras et m'a dit que c'était le plus beau cadeau de sa vie. Je l'ai ensuite mis sur la glace avec des pneus à clous en décembre.

Jake, te souviens-tu tripper tout de suite sur le sport? Fallait-il t'arracher le bike d'entre les jambes pour aller manger (rires)?
Ça faisait un bon moment que mon père était dans le monde de la moto lorsque je suis né, alors j'ai grandi en voyant des motos dans le garage et dès l'âge de 2 ans, je voulais déjà une moto! C'est à quatre ans que j'ai finalement eu mon PW-50 et je n'ai jamais laché le sport depuis.

Mario, que fais-tu en tant que coach/papa pour que Jake soit si concentré et déterminé pendant ses saisons? Si jeune et si précis!
J'ai toujours poussé Jake à s'améliorer dès son tout jeune âge, mais sans jamais le forcer! Ça venait de lui et de moi. Je lui apprenais toujours de nouvelles techniques et je l'encourageais en tout temps. Je lui ai appris à régler ses suspensions très jeune et je l'amenais faire des longues trail ride. Je lui ai toujours appris à penser une course à la fois et non au championnat. Mais le plus important est que Jake ait toujours du plaisir à pratiquer son sport.

Jake, d'ou te vient ton surnom ''Jake The Snake''?
Mon surnom me vient de Claude Léonard, le père de Loic. Lorsque j'étais jeune, je roulais en Floride avec mon petit KTM 50cc et Claude trouvait que j'étais rapide entre les arbres alors il m'a dit que j'étais comme un serpent entre les arbres (rires)! C'est alors que 'Jake the snake' est apparu.

Jake, tu influences les pilotes, aussi bien que tu te laisses inspirer par eux (je pense entre autres à Jonathan Mainella qui te coache au gym). C'est important pour toi d'apprendre aussi des autres?
Bien sûr! J'ai autant à donner qu'à recevoir! Je suis peut-être rapide en moto mais je ne suis pas un pro du gym, ni de la nutrition ou autre. C'est pourquoi j'écoute et je prends les conseils des autres! Ps: un gros merci à mon coach personnel Jonathan Mainella!

Mario, à quel moment dans la carrière de pilote de ton fils tu t'es dit: ''Le petit vlimeux, je n'arrive plus à l'accôter! (rires)''?
Quand Jake a eu 14 ans et qu'il coursait en 17 ans et moins avec son petit KTM 105cc, il a progressé d'un coup et c'était fini pour moi! Mais je me suis réconforté lorsqu'il a fini 1er overall lors d'une course de 11h devant environ 200 hommes avec des 250cc (rires). Je n'étais pas le seul à ne plus le suivre!

Jake, tu commences à faire des podiums régulièrement pour ta deuxième saison chez les experts. Était-ce grand temps ou es-tu surpris que cela arrive assez vite quand même?
J'ai toujours eu une progression constante, j'ai toujours fait des podiums dès ma première année dans chaque classe, mais je savais que la transition en expert serait plus difficile donc je me suis laissé une année d'adaptation! Par contre je m'attendais à faire des podiums à ma deuxième saison et j'ai mis les efforts pour y parvenir.

Mario, quand on voit son fils sur le podium la première fois, à côté de Chaîné et de Beaudoin, on savoure enfin tous les efforts et les sacrifices pour en arriver là?
Je savoure, mais je suis surtout content pour Jake, car il continue de progresser et de s'amuser!

Mario, ta femme Manon s'implique aussi dans l'équipe autour de Jake et de toi-même,tu n'as jamais réussi à la convaincre de rouler avec les femmes?
J'ai essayé, mais Manon est plus une amoureuse de la moto de route. Elle avait un 600cc et était très bonne! La boue n'est pas son truc (rires)!

Jake, la chose que ton père fait pour t'aider mais qui t'énerves souvent, c'est...?
Il me dit toujours de bien manger et de me coucher tôt lors de la semaine avant la course. Je sais qu'il a raison mais ça m'énerve (rires).

Mario, le conseil que Jake ne suit jamais ou pas souvent et que tu aimerais qu'il fasse plus, c'est...?
Faire la préparation pour les courses d'avance.

Êtes-vous superstitueux, du genre avez-vous une routine précise à la gate qui vous porte-chance ou alors rien du tout (rires)?
Nous ne sommes pas très superstitieux, mais nous avons une routine qui se répète. J'aide Mario avant sa course et je vais au départ avec lui pour marcher le premier virage et lui dire bonne chance. Après sa course, il m'aide à me préparer et vient aussi au départ avec moi.

Mario, t'es plus enduro ou endurocross?
Je suis plus enduro, car j'aime beaucoup les longues randonnées. C'est grâce aux randonnées FMSQ et aux enduros si je suis arrivé à faire de l'endurocross avec Jake.

Jake, t'es plus enduro ou endurocross?
Je suis les deux! Chaque formule de course me plait, en autant que je sois sur ma moto (rires).

Mario, le truc que Jake fait le mieux, c'est...?
Ce que Jake fait le mieux c'est d'arriver à combiner sport, étude et travail ainsi que quelques sorties qui finissent tard (rire).

Jake, le truc que ton père fait le mieux, c'est...?
Ce que Mario fait le mieux est sans doute de combiner une semaine de 50 heures de fou dans la construction et de faire des podiums, ainsi que des overalls dans le top 10 de la course de 11h, tout ça à 54 ans (rires)! Pas moyen de l'arrêter ce vieux la!

Mario, Jake, finissez cette phrase:

Sans Jake, je n'aurai jamais pu....
Sans Jake, je n'aurais pas connu le bonheur d'être père et d'être fier de la personne qu'il est.

Sans mon père Mario, je n'aurai jamais pu...
Sans mon père, je n'aurais jamais pu me rendre où je suis en ce moment puisque c'est grâce à lui si je suis dans le monde de la moto! Merci papa!

MERCI LES MICHAUD!