Philippe Dagenais chez les 17-

par Isa More
dans Profils de pilotes
Philippe Dagenais, ta mère (Geneviève Picard) est sans doute ta plus grande fan.  Elle a souligné cette année son admiration devant ta détermination hors du commun. Je résume ton retour sur un bike. Après avoir overlandé un saut à Sand Del Lee, tu as souffert de fractures multiples aux deux tibias, péronés, chevilles, et j'en passe. Tu as subi huit opérations en trois semaines, avec en plus des réactions aux médicaments et un  arrêt respiratoire! Tu as du -apprendre à marcher et de surcroît, six mois après, on te trouve trois méchantes bactéries! Et rebelote: autre opération, antibiotiques intraveineux pendant deux-trois mois...  Puis, un an de physio deux fois par semaine ... Et malgré tout ceci, nous voilà en 2017. Tu as eu quasiment des holeshots à chaque course, des podiums régulièrement, pour finir quatrième dans ta catégorie. On rajoute à ceci des beaux classements à tous tes GNCC et toujours une attitude positive aux courses. Comment as-tu brisé la peur de ré-embarquer sur ton bike? Bref, es-tu le Ken Roczen de l'endurocross (rires)?
C'est ma mère qui m'a montré à être fort mentalement, peu importe les épreuves qu'on peut vivre. Franchement, je navais pas peur de rouler en moto. J'avais plus peur de la réaction de mon corps par rapport aux impacts qu'on peut subir aux chevilles. La première fois que j'ai réessayé, j'ai eu extrêmement mal aux chevilles que je pensais presque être obligé d'arrêter le sport. C'est la seule fois que j'ai eu peur. Mais depuis mon accident, il m'est difficile de changer de vitesse à cause qu'une de mes deux chevilles ne plie pas et je suis devenu hypersensible aux vibrations, alors cest difficile de rouler avec certaines motos. Oui je lui ressemble à Ken Roczen, à part que lui gagne des millions par année (rires). 
 
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Tu as toujours une attitude exemplaire et professionnelle face à l'association, face à tes partenaires pilotes, face à tes commanditaires.  Est-ce important pour toi cette loyauté à ton sport sur tous les plans et quels conseils donnerais-tu à des jeunes qui veulent se faire remarquer par l'industrie?
Oui, pour moi c'est le plus important car c'est se bâtir une réputation et se donner une bonne image. Je porte toujours fièrement mes commanditaires sur mes chandails depuis que je suis en Pee-wee B. Mon conseil serait que peu importe où que l'on finisse, que ce soit premier ou dernier, il faut toujours représenter ceux qui sont là pour nous. Il faut toujours bien agir car on ne sait jamais qui peut nous voir ou qui on peut rencontrer. Par exemple, en 2012, ma famille et moi sommes allés au Monster Energy Cup. On passe devant KTM... On regarde le bike de Dungey... On continue et quelqu'un se met à nous courir après. Cette personne nous dit:'' Wow, Duroy KTM à Las Vegas (qui était mon commanditaire à l'époque) et on commence à discuter ensemble. C'était Florian Burguet de KTM Canada! Alors soyez toujours fiers et portez vos couleurs!
 
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Quand on regarde les photos de ta saison, tu es toujours en position agressive, avec des coudes levés bien hauts, debout au-dessus de ton siège. Qui a été ton meilleur coach pour ta posture de corps sur ton bike?
Steve Hatch... Un ancien champion américain des GNCC et des ISDE (rires).
 

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Courir contre Jericho Mongrain, Tommy Willard et Nathan Reynolds. Comment on fait pour trouver de la compétitivité entre amis de bike?
On peut en trouver parce qu'on partage tous la même passion et on veut tous performer, alors sur la track et en dehors, nous sommes différents. Mais, on s'entend bien et le plus important est de se respecter sur la track! Car si quelqu'un joue chien, c'est facile de faire pareil (rires)!

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Dis donc, tu t'obstines souvent avec Benjamin Blouin sur les holeshots (rires)?  
Oui! On aime beaucoup se niaiser là-dessus parce que lui en fait en junior et moi en 17-, mais on ne sait pas qui serait le meilleur de nous deux (rires). 

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Pis alors, c'est quoi ton secret pour les réussir?
Pour les réussir, c'est plus facile avec un starter et un 'holeshot device' pour ne pas faire de wheelie, mais il faut aussi regarder attentivement le bout du drapeau et savoir quand l'arbitre va le bouger!

Quand tu fais ''des erreurs de débutant''... À ton niveau, ce sont lesquelles?
J'ai comme une tendance à faire beaucoup de 360 (rires). Je tourne et je donne trop de gaz alors je glisse et aussi, je passe par-dessus beaucoup de burms! Le fameux 'arm-pump' me fait faire des erreurs assez majeures également, comme lâcher le guidon en prenant une bosse! 

Tes participations aux GNCC cette année ont été assez exceptionnelles. À Unadilla, tu pars même avec 730 pilotes sur la même ligne. Concrètement, dans le bois, ça se passe comment?
C'est assez intense parce que tout le monde veut passer, mais il n'y a pas nécessairement de place alors tout le monde se roule dessus et des fois pour passer des "lappers", ça passe assez flush alors il faut faire son chemin (rires).
 
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La dernière de l'année aux GNCC, à La Polaris Ace Powerline Park en Ohio, tu es au départ 'bar to bar' avec ton ami Benjamin Blouin, qui le gagne ce duel-là?
Benjamin Blouin, juste parce qu'il etait plus inside (rires). 

Tu as pris de l'expérience pour rouler dans la glaise, dans de grandes montées, avec des off-camber, avec des bouchons monstres.  Quel est ton type de track favorite et celle où tu dois prendre encore de l'expérience?
Mon genre de track préférée, c'est le même type qu'à Mansonville, ça veut dire de la bouette, des roches, de la racine. En fait, le paradis quand t'es habitué et disons que le sable ce n'est pas ma force (rires). Il faut que j'ai plus de pratique là-dedans c'est sûr. Alors les courses de GNCC au mois de mars vont beaucoup aider!

Tu as cité sur Facebook ''JE NE PERD JAMAIS, SOIT JE GAGNE, SOIT J'APPRENDS''. Qu' as tu appris sur toi cette année?
Il ne faut jamais abandonner. Rien n'est jamais fini tant que tu n'as pas franchi le finish. Au début de l'année, j'ai eu de la misère à garder mon beat pendant les courses. Je partais en avant mais finissais plus loin mais maintenant, je n'ai plus ce problème, je suis capable de me reprendre et foncer plus.
 
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Comment te prépareras-tu à la prochaine saison dans les Junior pour un deux heures de course sur un terrain avec plus de technique?
Mes GNCC vont beaucoup m'aider parce que les courses sont plus exigeantes et plus dures et je fais toute la saison de GNCC l'année prochaine, alors c'est une bonne préparation physique sur le bike pour ma saison FMSQ. Aussi, je m'entraîne avec Félyx Darveau qui m'aide à devenir top shape pour l'année prochaine!

Quand tu regardes en arrière, comment tu  résumerais tout ce chemin parcouru?
Il ne faut pas regarder en arrière en regrettant ce qui s'est passé, il faut plutôt regarder en avant en espérant que 2018 soit meilleure.

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MERCI PHIL!