François Cominardi: un as du micro motorisé.

par Isa More
dans Profils de pilotes

François Cominardi, alors, tes impressions après cette première saison FMSQ avec nous?
J'ai adoré cette saison comme commentateur. Parce que j'étais au coeur de l'action et qu'il y avait toujours quelque chose à dire avec 600 pilotes en course sur deux jours. Le dimanche à 11h00, 200 pilotes étaient déjà sur la grille de départ, dans différentes classes et je citais tout le monde. L'ambiance est familiale, tout le monde s'entraide. Les enfants sont fabuleux, ils sont courageux et fiers de leurs résultats.

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Tu avais déjà de l'expérience en animation de style endurocross en travaillant trois ans pour les 12 Heures d'endurance de la Tuque. À la disparition imprévue et soudaine de l'événement cette année, étais-tu nostalgique?
Pour les 12 Heures de la Tuque, je suis triste car c'était une épreuve unique. C'était une vitrine du sport, qui n'a pas été suffisamment supportée par l'industrie. Le non-renouvellement du partenariat d’Arctic Cat (car en attente suite au rachat de Textron), puis la décision de changer le format de course n'ont pas aidés. Les pilotes de quads FMSQ étaient nombreux à courir et cela donnait le départ de la saison pour les motos. En tant que journaliste, j'ai beaucoup écrit dans Magazine Sports Motorisés sur l'épreuve et je la connaissais bien.

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François , comprends-tu pourquoi les commanditaires ne se présentaient pas en assez grand nombre, d'après les dirigeants de l'événement, malgré l'engouement du public et des participants?  Est-ce le climat économique?
Tu ne peux pas mesurer les retombées d'un événement comme celui là. Il y a 20 ans, il y avait un proverbe qui disait : Courses le dimanche, ventes le lundi. Ce n'est plus le cas. Maintenant les gens du marketing comptent juste les vues sur internet. Je trouve que c'est réducteur. Ils veulent vendre aux pilotes de courses. C'est bien pour la FMSQ avec ses 1200 membres. Mais un coureur est un ambassadeur, un mannequin de la marque. Il donne envie aux utilisateurs lambda de lui ressembler. Marvin Musquin a gagné un million de dollars au Supercross de Vegas et il y avait vingt pilotes au départ. Mais il est vu dans le monde entier. C’est cela qu’il faut prendre en compte. Le travail de rapport de courses que tu fais à chaque fin de semaine pour la FMSQ va dans ce sens.

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Tu as dit avoir relancé les courses de motos sur glace au Grand prix de Valcourt en 2011, avec quels pilotes?
J'ai relancé les courses avec l'association Supermoto Québec et plusieurs pilotes font les deux disciplines. Comme Maxime Sylvestre, François Asselin ou Guillaume Audet. Et les anciens sont revenus comme Marcel Fournier ou Dominique Beaulac, ainsi que Carl Daigle ou Shawn Ford.

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Certains membres de la FMSQ te connaissaient de l'extérieur et étaient contents de te retrouver au micro pour l'association.
Comme j'ai été le guitariste chanteur du plus jeune orchestre de France, à 14 ans, je sais parler dans un micro, mais ça, personne ne le sait. J'écris sur la compétition au Québec depuis 2009 dans Magazine Sports Motorisés et sur la page FB sportmoteur.ca. J’ai suivi les résultats en motocross, quad, superbike ou endurocross. J'ai des photos de Philippe Chaîné ado et je reconnais Michel Metcalfe ancien pro, ainsi que Christian Coupal, ancien trésorier et toujours pilote. quand ils viennent faire courir leurs kids. J’ai également été animateur des courses d’enduro à La Tuque, puis des 12 heures d’endurance de quad de La Tuque.

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Quel est le plus grand défi pour un animateur qui doit être sur le piton dès 8am et ce, toute la fin de semaine pendant plusieurs mois, pour tout un championnat?
Il faut toujours avoir les listes de pilotes à temps, et j'ai pu compter sur le bon travail de Marilou Arnaud. Cela n'arrête jamais, il faut ensuite préparer les plaques de podiums et les remettre. Et j'ai toujours pu compter sur les jeunes pilotes pour m'aider et sur toi aussi. L'hydratation est importante. Tu m'as fait connaître la boisson énergisante québécoise sans taurine Guru (pub gratuite, envoyez les caisses..). Le défi, c'est l'énergie!

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Tu es un 'maudit' français qui n'est jamais retourné dans son pays (rires). Te tiens-tu encore informé du milieu de la moto en France?
Oui j'ai travaillé dans le milieu de la compétition, pendant sept ans, comme responsable de la compétition des échappements Devil au niveau du championnat du monde d'endurance ou superbike. J'ai vécu les courses de l'intérieur des paddocks et j'ai beaucoup appris sur la course, les règlements et l'aventure humaine de la compétition. J'ai obtenu pour Devil plusieurs titres de champion du monde d'endurance avec l'équipe Suzuki Sert.

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Dans ton pays d'ailleurs, tu as été le directeur de la communication de l'importateur BRP. Tu as été responsable de la compétition en Sea Doo. La compétition est-ce mieux sur l'eau ou sur la Terre (rires)? Quel est ton meilleur coup dans cette compagnie?
Mon meilleur coup est d'avoir loué l'île de Bendor pour faire les premiers essais presse Sea-doo, avec Paris Match, Playboy ou VSD. L'île appartenait à Paul Ricard que j'ai rencontré et que je soutiens encore en buvant modérément de ses produits. J'ai été team manager de Cyril Neveu, cinq fois vainqueur du Paris Dakar, pour un raid motomarine entre Marseille et Monaco. J'ai également couru en championnat de France. J'ai terminé une course en deuxième position, et une autre sur la terre pour éviter un pilote... Je préfère l'eau. Mais je n'ai jamais pu organiser une course sur l'eau au Québec. L'assureur n'a jamais voulu. Il ne voulait pas se mouiller (rires).

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Tu as également été dix ans président de Supermoto Québec?
Oui! Belle aventure vécue avec Franck du circuit Mecaglisse. On a fait venir des pilotes comme Stéphane Blot ou Boris Chambon, champion du monde de supermoto, pour former les pilotes québécois. On a roulé sur le magnifique circuit de Notre-Dame de la Merci, mais aussi en ville à la Tuque, à St Félicien, à Shannonville. Et sur le parking de H-Grégoire et d'Eskape. Mais on ne couvrait plus les frais. Il y a eu une baisse de 25% de participation au dernier Supermoto X Fest. Donc j'ai décidé d'investir mon temps libre ailleurs. Mais on a mis le supermoto sur la coche et même les américains viennent au Québec faire du supermoto au Gp3r.

En bref, ta passion c'est la course. Qu'est-ce qui, dans ton enfance, te prédisposait pour une telle passion? 
Dès 16 ans, j'allais voir des courses avec mes amis sur ma Honda 125 Twin au Circuit Paul Ricard (encore lui). J'ai vu Agostini, Eddie Lawson, Kenny Roberts et aussi Yvon Duhamel qui était très populaire en Europe. Je l'ai revu en 1988 au Bol d'or avec Miguel et Mario. J'ai vu aussi des drames, des décès dûs aux installations ou aux équipements et je ne veux plus que cela arrive. C'est mon combat. Même si certains ont du mal à le comprendre et qu'ils pensent que cela leur enlève des libertés.

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Au sein de la FQMHR, tu as été élu au comité associatif. Peux-tu nous clarifier ton rôle au sein de ce même comité?
Depuis le début de la FQMHR, je participe au comité associatif. C'est moi qui ai proposé un niveau sonore maximum (avec ma connaissance des échappements), mais c'est long à mettre en place. Pourtant, c'est très important pour conserver nos terrains de course. La FQMHR aide les associations pour la sécurité. Par exemple, on peut avoir des subventions pour payer une partie des paramédics pendant les courses ou des aides pour des travaux de sécurité.

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En 2009, tu as visité tous les circuits de motocross pour la sécurité mandatée par la FQMHR. Quelles surprises as-tu eues sur le terrain et voit-on la différence maintenant?
Je n'ai pas eu tant de surprises heureusement. J'ai vu des piquets en fer sur les côtés d'un saut. Si le pilote tombait du saut, il pouvait s'empaler dessus. Sur un circuit de pratique quelque part dans le Nord, j'ai vu un ravin assez impressionnant. Si tu manquais ton saut, tu faisais une chute de trois étages. Dans les virages, je vérifiais la distance de dégagement entre la piste et le public. L'objectif était de rendre les pistes plus sécuritaires et de protéger les propriétaires contre des accusations en cas d'accident.

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Début novembre, tu étais à Toronto en tant que membre du C.A. de la confédération motocycliste canadienne et du Hall Of Fame de la moto au Canada. Comment se sont passées tes rencontres avec les autres provinces?
J'ai été reconduit pour deux ans au C.A de la Confédération Motocycliste du Canada lors de l'assemblée générale à Toronto. Nous travaillons toujours sur l'étude socio-économique qui démontre le poids de l'activité motocycliste dans l'économie canadienne et sur la sécurité moto. Une vidéo pour les motos hors route est en préparation avec Loic Léonard et Félicia Robichaud, entre autres.

Au banquet du Hall Of Fame, qui avez-vous intronisé en février dernier à Montréal? Comment était l'animateur à Toronto (rires)?
En fait l’animateur, c’était Pat Gonsalves, il est super connu (dans le reste du Canada) et il a animé aussi pendant 40 ans à Daytona. Il était intronisé également. En février dernier, on était à Montréal et on a intronisé des personnes comme Miguel Duhamel, Carl Vaillancourt ou Pascal Picotte, ainsi que de remettre un prix au Festival Vintage off road d’Ormstown.

 

Et lundi, pour vivre (rires), tu travailles chez Alary Sport à St Jérôme, comme Gab Naud et Will Froment. Ils sont comment comme 'coworkers' (rires)?
Gab Naud est super concentré dans son travail de mécanicien, Will Froment travaille à mi-temps avec ses cours d’école. Il vient vérifier que le Line X tient bien (rires encore).

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Tu écris encore des articles pour le Magazine Sports Motorisés. Quels sont tes grands sujets de l'année 2017 et que doit-on surveiller pour 2018?
J’écris sur les compétitions. En novembre, c’était le quad et les courses sur glace, le challenge Blanc en motoneige, Tim Tremblay champion de snocross, les québécois qui s’illustrent hors de la province. Pour février et les salons, j’espère avoir une ou deux pages sur la FMSQ, le motocross, le flat track et la tendance des nouvelles motos (grosses routières, motos double usage de moyenne cylindrée).

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As-tu un scoop à nous annoncer au sujet de l'association Flat Track Québec?
Oui, je deviens vice-président de Flat Track Québec, pour relancer ces courses sur ovale en terre au Québec. Avec Marc-André Pagé (président) et Dany Torchy (directeur général), on travaille pour un championnat provincial de cinq courses entre autre à la piste d’accélération de Pont-Rouge et pourquoi pas au mythique hippodrome de Trois-Rivières. On est en pourparler, et il y aurait une manche nationale de Flat Track Canada.

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Est-ce que ça veut dire que nous allons te perdre comme animateur pour la saison 2018?
Je ne pourrai deffectivement pas animer toutes les courses FMSQ, mais j’aimerais en faire au moins deux, et accompagner un futur animateur à prendre le relais. 
Pour finir, j’aimerais vous dire que ce que je vous ai dit au banquet est vrai, VOUS ÊTES FORMIDABLE.

MERCI FRANÇOIS!