Élizabeth Nadeau: de débutante 'A' gagnante.

par Isa More
dans Profils de pilotes

Élizabeth Nadeau, premier championnat à vie et déjà championne! Ça veut dire beaucoup de travail ou beaucoup de talent (rires)?
Je crois que ça pourrait dire les deux. Avant d’avoir ma moto, j’étais tellement ‘’crankée’’ à vouloir rouler et à faire du motocross que je voulais m’améliorer le plus vite possible. Faire des courses de motocross a toujours été mon rêve. Alors, quand j’ai eu ma moto, j’ai énormément roulé et je me suis vite améliorée.

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Véronique Vanier et Eve Willard t'ont poursuivie toute la saison, quelles qualités de pilotes leur reconnais-tu?
Ce sont deux filles que j’adore et que je ne considère pas nécessairement comme mes adversaires puisqu’on s’entend super bien et qu’on est toujours contentes l’une pour l’autre, peu importe ce qui arrive. Elles sont persévérantes, encourageantes et respectueuses. Elles méritent pleinement leur championnat. Je crois que ce sont deux pilotes très calmes sur leur moto et qu’elles sont en plein contrôle de ce qu’elles font. Elles ne vont pas au-delà de leurs capacités et respectent leurs habiletés et c’est ce qui fait en sorte qu’elles roulent bien et réussissent à bien se classer. J’ai passé une très belle saison avec elles!

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Tu as commencé il y a peu de temps, Comment as-tu fait ton choix d'équipement, de moto?
En fait, j’ai regardé très longtemps sur le net afin de trouver la moto que je voulais. Étant donné mon entourage, je ne pouvais prendre qu’une moto KTM (rires). Alors, je ne voulais pas commencer avec une moto trop grosse afin de bien la maîtriser pour mes débuts. J’ai alors été avec un 105sx. Je l’ai adoré et cette moto m’a vraiment permis d’apprendre adéquatement et d’être prête pour d’autres challenges. Pour mon équipement, j’en ai reçu un peu en cadeau et j’ai été acheter le reste.

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Quel est ton bike de rêve?
Sans aucun doute un 150 xcw. Un jour je l’aurai, mais pour l’instant avec l’université, je n’ai pas les moyens de m’acheter ça.

Quand tu roules pour le championnat, quelles conditions sont les plus 'sketchy' pour toi et au contraire, dans lesquelles tu te te sens la plus confortable?
Mes conditions préférées sont dans les racines et dans les roches. La track à la Guadeloupe est ma préférée et c’est aussi à celle-là que je performe le mieux. Le terrain ressemble beaucoup à chez nous où je pratique, alors je suis plus habituée dans ce genre de conditions. Aussi, j’aime beaucoup rouler dans la bouette, c’est un de mes points forts. Toutefois, le sable est mon pire ennemi. J’ai énormément de difficulté à rouler dans le sable puisque je ne pratique jamais dans ce genre de terrain. Il n’y a pas de sable dans mon coin. Je dois définitivement plus me pratiquer dans le sable pour 2018.

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Comment fais-tu pour conserver ton momentum et ta vitesse en course?
Garder mon intensité pendant toute la course est un défi pour moi. Je dirais que, étant donné que je suis une personne très orgueilleuse (rires), je continue de pousser même quand je suis fatiguée et que j’ai des ''arm pumps''. J’essaie de ne pas partir trop vite pour être capable de garder ma vitesse tout au long de la course. Aussi, je reste très calme sur ma moto. Je ne roule pas ''over''. Je tombe rarement, alors je crois que ça aide au fait que je me brûle pas trop vite. Je me répète souvent pendant la course : ''Lentement mais sûrement, reste en contrôle, sinon tu vas tomber''. Et ça, c’est pas plus avantageux parce que tu te brûles à remonter ta moto. Aussi, je mets des électrolytes dans mon 'Camel Back', ça m’aide beaucoup à avoir de l’énergie tout au long de la course.

 

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On te voit pratiquer autant avec des plus débutantes que toi, comme Delphine Nikita, qu'avec des femmes pros, comme Natasha Lachapelle. C'est important pour toi de mettre la barre plus haut mais aussi de redonner au suivant et de partager ce que tu as appris?
Exactement. J’adore pratiquer avec Delphine parce que ça me permet en même de pratiquer ma technique et de rouler debout. J’aime lui apprendre ce que je connais et c’est une de mes bonnes amies alors c’est toujours un plaisir de la voir dans les tracks à Victo! J’aime également pratiquer avec Natasha Lachapelle et Gabrielle David, elles me poussent à donner mon maximum et m’aident toujours à m’améliorer avec certaines techniques que je n’avais pas acquises encore.

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Tu t'entraînes sur quelles trails dans les bois?
À Victo où il y avait les courses, puisque c’est chez Hubert (mon chum) et que j’habite à cinq minutes de là.

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Finalement, pour 2018, tu vas courir dans quelle catégorie, dame ou dame inter?
J’ai bien aimé mon expérience dans dame inter l’an passé, mais je vais monter dame cette année. Étant donné que je change de moto cette année, je ne voulais pas monter tout de suite dans dame inter puisque la marche aurait été trop grosse avec tous ces changements en même temps. Je préfère m’améliorer et m’habituer à une moto plus grosse dans des pistes que je connais déjà et ensuite monter dame inter lorsque je me sentirai plus à l’aise sur ma nouvelle moto.

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On te voit dans les puits KTM avec l'équipe de course pro. Quelles sont tes responsabilités sous la tente avec les pilotes et le pit crew?
Je m’occupe seulement de donner l’eau et les lunettes à Philippe Chaîné et à Francis Ouimette lorsqu’ils arrivent aux puits pour 'tanker'. Je ne suis pas d’une grande aide côté mécanique, puisque je n’y connais pratiquement rien, alors souvent je fais juste acte de présence (rires).

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Quel est l'outil sans lequel tu te déplaces en pratique ou en course?
À la maison, on amène souvent une 'spark plug', parce que les petits 105 et 85 en brûlent facilement. Mais, en course, je ne traîne pas d’outils.

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Ta meilleure anecdote de la saison 2017?
Ma meilleure anecdote de la saison a sans doute eu lieu à Franklin, dans le 'mudfest'. C’est un peu compliqué et long à raconter. À chaque course, étant donné ma petite tank sur mon 105, je ne savais jamais si j’allais manquer de gaz ou non, alors Hubert m’attendais toujours sur le bord de la piste à chaque tour avec le gaz, au cas ou je décide de tanker, tout dépendant de la course. Il faut savoir aussi que dans cette anecdote, mon piston était dû, alors ma moto ne runnait pas sur le 'idle' et avait énormément de difficulté à repartir quand elle s’éteignait. Aussi, Hubert ne peut plus être là pendant le dernier tour de ma course, car il doit aller s’habiller pour sa popre course de 11h. Alors, je suis rendue là, au dernier tour, et je passe le scan à 59 minutes quelques secondes (ma course dure une heure). J’étais première, mais je ne savais pas si une fille était passée ou pas, puisqu’Hubert n’est plus là, et que la piste à Franklin va tellement loin, et que je ne vois personne pour lui demander. Alors, je prie pendant mon tour pour ne pas manquer de gaz. À l’endroit le plus éloigné du site, ma moto arrête. Je commence alors à capoter. Je me dis que le piston vient de rendre l’âme ou que j’ai brûlé une 'spark plug' ou que j’ai manqué de gaz. Là, ça n’allait pas bien du côté mécanique. Je débarque et constate que c’est ma chaîne qui a débarqué! Alors, je la remets comme il le faut et je repars. 5 minutes après, elle débarque encore. Et là, je ne savais toujours pas si j’allais manquer de gaz ou non (il n’y avait pas l’air d’en rester beaucoup dans la tank) et si ma moto allait repartir étant donné que mon piston était fini. Alors, je remets ma chaîne, encore, et tout ça, sans jamais arrêter la moto et en tenant la poignée à gaz un peu pour ne pas qu’elle s’éteigne, car j’avais peur qu’elle ne reparte plus. Alors, il fallait que je fasse bien attention. Et cette situation s’est répétée 4-5 fois pendant mon dernier tour, en étant très stressée, puisque je ne savais pas si une fille était passée. Une chance que personne ne me voyai car j’avais l’air d’une vraie folle à tenir ma poignée à gaz en même temps que de remettre ma chaîne à bout de bras. Donc, le reste du tour, je roulais très lentement afin que ma chaîne ne débarque pas et que je ne manque pas de gaz. Bref, mon tour a duré environ 30 minutes et je me suis racheté une autre chaîne et j’ai changé mon piston.

MERCI ÉLIZABETH!