Sébastien Charpentier chez les junior:

par Isa More
dans Profils de pilotes

Sébastien, lors de ta saison 2018 chez les Junior, quels ont été tes points forts et tes points faibles?
Mes points faibles ont définitivement été mon manque de patience derrière les différentes catégories qu’on doit dépasser lors des premiers tours. On veut souvent se creuser une avance et c’est à ces moments-là que je faisais des petites erreurs coûteuses. Mes points forts ont été ma rapidité à reprendre mon retard lors des départs qui ont moins bien été. Cette saison-ci, je suis souvent parti dans les derniers. Par exemple, à Mansonville, avec ma chute, mais j’ai tout de même scanné dans le top 10 au premier tour.

On sent chez toi, comme dans tout le top 5 de ta catégorie, une belle implication sur le terrain de course et une veritable hargne de se dépasser personnellement. Quel pilote a été le plus surprenant cette année d’après toi?
Je dirai que Jonathan Gagné et Samuel Daoust ont été mes principaux rivaux. On a pas mal tous la même vitesse, mais à certaines courses, ils m’ont vraiment surpris! Jonathan avait fini à moins d’une seconde de moi à Saint-Michel, c’était vraiment chaud!

Que peux-tu dire de cette génération de jeunes pilotes de ton point de vue de jeune pilote (rires)?
La nouvelle génération de pilote me surprend énormément! Je suis quand même rendu à 23 ans et je trouve le calibre très, très fort d’année en année, ce qui me pousse à m’entraîner encore plus fort pour garder la cadence des plus jeunes pilotes.

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Tu es monté pour la première fois sur un podium cette année. Ça fait quoi de monter sur un podium après tant d’efforts et de patience...?
(Rires). Je dois dire que ce furent des moments riches en émotions. On travaille tous très dur pour ces petits moments de gloire et je dois dire que j’en ai pris goût! Je savais qu’un jour ou l’autre ça aurait débloqué, il fallait seulement que je trouve ma recette gagnante!

Une fois que le drapeau est abaissé, tu n’as pas d’autre choix que d’y aller, de foncer et d’essayer de faire le mieux possible. Quelle phrase te revient le plus en tête pendant une course?
Pendant une course, il m’arrive souvent de me rappeler que pour tout le monde c’est difficile et que tout le monde souffre autant que moi. Habituellement, le momentum reprend tout de suite son chemin. Quand il me reste un tour, je me grouille à le finir en me disant que la bière va être bonne (rires)!

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Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi quand tu courses? La chaleur? Le froid? La pluie? La boue? Le sable? Le physique?
Pendant plusieurs années, j’ai eu de la misère avec le 'Arm-Pump'. Cette année, miraculeusement non. Ce qui à été le plus difficile et là où je perds mon temps, c’est dans le ''grass track'', je suis plus craintif à ouvrir le gaz pour ne pas glisser.

Tu as dû faire face à des blessures cette-saison-ci, ce qui a fait travailler ta patience (rires). Comment le mental accepte que parfois il faut attendre après le physique?
J’ai subi une blessure, effectivement, lors de la course de Tring-Jonction. J’ai voulu effectuer un dépassement avec Philippe Dagenais quand celui-ci a devié de sa ligne pour me faire faire un vol plané. Mon genou droit a subi le choc. Je dirais que je le prenais quand même bien. Je veux dire que c’est en faisant des erreurs qu’on apprend et je savais très bien que le geste de Philippe était tout à fait non-intentionnel alors je n’avais pas d’autre choix que d’attendre avant de reprendre les entraînements.

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Ton père et ta mère sont tes premiers fans et sont de toutes tes courses. Est-ce que tu te sens choyé de n’avoir à penser qu’à rouler bien et vite et à rien d’autre (rires)?
Je me sens extrêmement choyé d’avoir mes parents à mon âge de me suivre à toute les courses et de s’investir à 110% dans ma passion. Je suis concient que sans eux, cela serait une toute autre 'game'! Je ne pourrais jamais assez les remercier pour toute l’aide qu’ils m’apportent!

Tu roules sur une Kawa avec notre commanditaire Les Équipements Les Chutes. Yves Gervais est reconnu pour ne soutenir que des pilotes au talent brut auxquels il croit vraiment. Quel atout principal Yves a vu en toi?
Je te dirais qu'Yves a vu en moi, premièrement, quelqu’un de très positif qui a toujours le goût de s’améliorer. Il ne voulait pas nécessairement que je gagne premier à chaque course, mais il a vu en moi une forte détermination de vouloir aller loin et je suis sûr qu'à partir de là, cela lui a fait plaisir de pouvoir m’aider.

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On aime ton esprit rassembleur et tu sais aider de bon cœur notre association de temps en temps, comme au party DJ pour danser et mettre de l’ambiance ou au concours de limbo pour essayer la fluidité de la courbe qu'on fabriquait avec le bobcat. Important pour toi de donner de toi-même socialement aussi?
C’est très important pour moi de donner aux autres. La FMSQ, c’est littéralement ma deuxième famille. J’adore m’impliquer pour aider les autres et embarquer dans les activités. Ça me permet de mieux connaître les gens avec qui je course et ceux que je côtoie (rires).

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Qu’est-ce que tu aimes faire quand tu ne fais pas de moto?
Je suis amateur de snowboard et de hockey l’hiver,sinon je pratique beaucoup le vélo de montagne l’été. Je suis au gym à l’année longue pour garder la forme pour les courses bien évidemment (rires).

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Où t’entraînes-tu le plus souvent et avec qui?
L’endroit où je m’entraîne le plus est définitivement Xtown. Je roule 2 à 3 soirs par semaine et des fois la fin de semaine lors des congés de course. Je m’entraîne souvent avec mes grands chums comme Francis Milot et Jerry Mongrain.

La technologie nous fait tous rêver mais elle contribue aussi à faire flamber le prix des motos. Doit-on continuer à faire évoluer les motos et les rendre de plus en plus cher?
Je pense qu’il est essentiel que la technologie des motos doive suivre son chemin. Les pilotes évoluent tellement vite de nos jours que je pense que les motos n’ont pas le choix de suivre!

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Sur ta Kawa, qu’est-ce qui te fait le plus tripper? Sa maniabilité? Sa stabilité? Sa souplesse? Le coffre de son moteur? Ses fourches? Décris-nous un peu la sensation. 
Ma kawa, je ne l’échangerai contre rien au monde. J’ai souvent voulu changer, mais j’en reviens toujours à la conclusion que je vais toujours rouler en vert. Sa puissance et sa géométrie qui est très “slim” (étroite), si je peux me le permettre, me donne l’impression que je peux me faufiler partout.

Quel est le truc le plus fou que tu as fait pour ta passion du motocross? 
Le truc le plus fou à été de me faire tatouer le mot “ Motolife “ sur mon avant-bras. Ça fait juste prouver que peut importe ce que l’avenir me réserve, la vie de moto va toujours être présente!

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Merci Seb!
Merci beaucoup!