Sophie Ouellet: un retour bien remarqué.

par Isa More
dans Profils de pilotes

Sophie Ouellet, tu es revenue courser cette année à la FMSQ après une petite absence. Qu’est-ce qui te retenais loin de la compétition?
Ce qui me retenait loin de la compétition, c'était surtout que je ne voulais pas monter seule aux courses, et comme on sait, ce n'est pas toujours à la porte! Aussi, le temps me manquait. De plus, je suis très compétitive et je ne voulais pas aller me ridiculiser. Je savais que je ne m'entraînais pas depuis un bout et que cela m'éloignerait du podium.

Finalement, tu avais peur d'être ridicule, mais tu as vite été promue dans les rangs des Expertes dès la deuxième course à ton retour. Tu ne laisses pas ta place, ayant obtenu un podium à chaque visite. Fière de toi?
Effectivement, je suis fière de moi, de comment je me sens en contrôle sur ma moto, surtout dans les parcours très serrés et techniques. On dirait que même si je ne roule plus beaucoup, mon corps reste performant, probablement car je suis encore jeune.

Tu as eu des belles batailles avec Catherine Desrochers cette année, mais elle arrive à se distancier tour après tour, donc une question de vitesse ou d’endurance comme objectif pour 2020?
Mon objectif serait l'endurance, car quand Cath et moi on se suit, nous avons une très belle technique, mais elle reussit à être constante et ça lui fait gagner beaucoup de points à long terme. J'adorerais pouvoir rouler plus souvent avec elle.

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Tu as été aux 12 heures en Belgique, raconte ton expérience!
Le 12 heures, c'était fantastique! Ce feeling de rouler la nuit, j'ai tellement adoré! La visibilité est mieux que le jour car on voit tous les dénivelés des trous dans le sol. Par chance, il n'y a pas de grosses sections insurmontables. Tout est fait pour que la piste soit praticable pendant 12 heures, avec beaucoup de sections de style grass track mais avec un fond dur comme de la roche, ce qui devient très glissant avec la rosée du matin. Le plus dur a été de ne pas dormir du tout et de combattre le froid pendant la nuit. À mon dernier tour, j'ai eu une de ces crampes ouffff! Franchement, il manque de filles dans cette compétition, mais maintenant que je sais à quoi m'attendre, je voudrais le refaire sans hésiter.

Tu t’occupais des relais de nuit. Rouler la nuit, c'est fou! Tu as tenu le coup en roulant aussi longtemps et sans lumière du jour, bravo! Il paraît que les toilettes étaient payantes, sauf pour les pilotes (rires)?
J'étais fière d'être pilote là-bas! Tu sais, j'ai bu tellement d'eau pour m'hydrater les jours avant que j'avais envie à toutes les dix minutes et oui, heureusement, les toilettes étaient gratuites pour moi, quelle chance (rires)!


Quelle est la meilleure partie de ta saison 2019?
La meilleur partie de ma saison a été de rencontrer mon chum Simon. Il m'apporte une de ces motivation, c'est incroyable! On monte ensemble aux courses, il m'encourage, me félicite et surtout, il a plus souvent confiance en moi que moi sur les performances que je vais avoir durant ma course! Il me donne un gros coup de pied aux fesses et j'en suis très heureuse car sans lui, je n'aurais pas été me mouiller à la FMSQ cette année et je n'aurais pas pu être aussi fière de moi. De plus, pendant mon voyage en Belgique, il a remis mon bike en bon état. Je suis chanceuse, j'ai mon mecano privé! Puisqu'on était occupés entre ses courses de Stock Car et les courses de la FMSQ, nous n'avons pas fait beaucoup de motocross, mais il a décidé de prendre sa retraite des courses de stock-car, donc cela promet pour l'an prochain!

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Tu es une femme de tête, conductrice d’excavatrice, entrepreneuse, tu diriges des opérateurs de pelles. Bref, tu es toujours dans un monde d’hommes, en plus de la moto. As-tu une bonne gang de filles pour te ressourcer (rires)?
Je n'ai pas une grosse gang d'amies, juste quelques-unes autour de moi qui sont là depuis très longtemps et elles acceptent qu'avec moi les activités sont très différentes qu'avec d'autres filles. Elles viennent parfois passer une journée avec moi au garage ou en camion ou en moto de route. Elles m'acceptent comme ça et je crois qu'elles aiment quand je peux les aider et les conseiller dans la vie en général. J'ai aussi quelques amies de motocross et ça j'aime bien. j'adore voir qu'il y a d'autres filles qui aiment toutes ces choses comme la moto et opérer de la machinerie, c'est possible tout en restant une femme. C'est ce que j'aime le plus montrer aux hommes, qu'on peut être belle et forte en même temps. Une chose certaine: personne ne va me dire que je n'ai pas ma place sur mon chantier.

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Tu as tourné une publicité avec notre ancien directeur de CA (François Geoffrion) pour conscientiser les gens à mettre de côté pour la retraite (rires). On vous voit en moto dans la forêt. Tu es vraiment bonne à la caméra et naturelle, comme François d’ailleurs. Comment as-tu eu l’opportunité de participer à un tel projet?
Ah oui, la pub pour le fond de solidarité. Crois-moi, je pensais vraiment pas que ça aurait aussi bien sorti que cela. J'étais tellement gênée (rires)! Ils sont bons ces producteurs, ça doit être eux qui tournent OD (rires)! Francois Geoffrion est un bon ami à Jules Vignola, donc je le connais bien et il s'est fait approcher par la FTQ pour le tournage et on lui a demandé si il connaissait une jeune entrepreneure qui avait de l'ambition alors je crois qu'il a pensé à moi, surtout puisque nous étions dans ce concept de motocross.

Merci Sophie!