Nos familles FMSQ: Les Coupal

par Isa More
dans Profils de pilotes

Ils sont fous de pilotage et ils sont cinq sur cinq dans leur famille à courser à la FMSQ! Découvrez en intimité la famille Coupal, dont Christian qui a été directeur du CA de l'association pendant plusieurs années.

Famille Coupal, présentez-nous toute votre petite famille de pilotes qu’on vous connaisse un peu plus, avec les catégories dans lesquelles vous évoluez:
Amandine Coupal, 6 ans, peewee C liquide, Gaspard Coupal, 8 ans, peewee B, Cyril Coupal, 10 ans, peewee A, Véronique Bernier dame 35+ et Christian Coupal amateur 40+.

Qui a donné la contagion du cross-country au reste de la famille (rires)?
C’est à cause d’Amandine (rires)! La famille est impliquée dans les courses depuis 2016. Christian court depuis l’année 2000, tirez-en vos propres conclusions (rires).

DADA

Vous avez des enfants incroyables qui se distinguent par leurs performances à la FMSQ, de la toute petite Amandine (5 ans) au grand Cyril. Résumez-nous un peu leurs exploits jusqu'à présent:
Pour Amandine, elle a commencé les courses cette année. Sa première course a été celle de Mont Laurier. C'est parti fort! Elle s’est super bien débrouillée malgré les conditions très glissantes. Elle est tombée quelques fois mais a quand même fini troisième sur six (tous les peewee C confondus). Elle était vraiment contente et très fatiguée à la fin de la course. Elle a impressionné le reste de la famille parce que ce n’était pas si clair que ça qu’elle aimait la moto au début. Mais la compétition semble lui avoir inculqué la passion! À sa euxième course à Ste-Clothilde; sa moto s’est éteinte une seconde avant le départ. Le temps de la redémarrer, elle est partie dernière. Elle a rattrapé beaucoup de gens en roulant beaucoup trop vit et nous a fait une chute spectaculaire sur la ligne droite. Elle est passée par-dessus ses poignées en frappant une petite roche dans le champ. Le pauvre Axel Giroux n’a pu l’éviter et ils se sont empilés les deux un par-dessus l’autre. À notre grande surprise elle a voulu continuer la course. Elle a terminé en pleurant parce qu’elle ne voulait pas finir dernière. Orgueil, détermination, compétitivité; elle est jeune, ça a le temps de changer, mais nous avons l’impression qu’elle nous en fera voir de toutes les couleurs dans les prochaines années!

GASPARD2

Gaspard a commencé les courses en 2017 à Franklin. À l’instar de sa sœur, la course a été disputée dans des conditions de boue extrême. Nous avons donc couru derrière lui toute la course. Nous l’avons relevé au moins 75 fois. En 20 minutes de course, c’est beaucoup! Mais il ne s’est jamais découragé, ce qui est exceptionnel pour un enfant de cet âge. C’est un peu ce qui caractérise notre Gaspard. En 2019, sa moto a pris feu lors de la dernière course de la saison. Du foin s’était logé sur l’échappement et a pris feu. Il nous a dit : « Papa, j’ai vu du feu sortir entre mes jambes. J’ai laissé la moto tomber par terre et je suis parti », tout à fait calme et en contrôle! Depuis ses débuts, il a roulé dans les deux catégories peewee C, en gagnant la troisième place au championnat air en 2018 et la deuxième place en liquide en 2019. En 2020, il a commencé l’année en peewee C liquide et a remporté les deux premières courses. Nous l’avons ensuite inscrit en peewee B. Il se dirigeait vers une super troisième place mais, dans les derniers virages avant l’arrivée, un accrochage avec une pilote lui a fait perdre deux places. Il était très déçu, mais ce n’est que partie remise pour l’an prochain! Une cinquième place à sa première course peewee B, c’est très bon quand même.

CYRIL5

Notre grand Cyril est un peu la raison pour laquelle toute la famille est sur le circuit. Il a participé à sa première course en 2016 à La Guadeloupe. Ça avait bien été avec une quatrième place. Mentionnons au passage que sa mère a perdu une ou deux années d’espérance de vie tellement elle était stressée à cette course. L’année suivante, nous ne voulions faire que les courses proches de nous. Nous avons manqué les deux premières de la saison si bien que la première a été Franklin dont nous avons parlé dans le texte sur Gaspard. Pendant que nous nous occupions de ce dernier, Cyril a géré sa course seul. Nous lui avons donné un coup de main au départ parce que sa moto n’était pas assez forte pour vaincre l’inertie et la succion créées par la boue. Il était littéralement collé au départ. Papa voyait que ça se passait bien pour Cyril pendant la course mais sans plus. Arrivé à la fin de la course de Gaspard, Maman nous a annoncé que Cyril avait gagné. Ça a signé l’arrêt de mort de papa!!! Nous avons acheté une roulotte et nous n’avons pas manqué une course depuis! Si nous revenons à Cyril. En 2017, il a fini troisième au championnat peewee C air malgré qu’il ait manqué 2 courses sur 8. En 2018, il a survolé la catégorie peewee C liquide si bien que nous avons décidé de lui faire sauter la catégorie peewee B. Il a donc fait la saison 2019 en peewee A l’année de ses 8 ans. Malgré deux sixièmes places, ça a été une saison difficile empreinte de beaucoup d’apprentissage. En 2020, il a continué en peewee A. Il a gagné les deux premières courses et a terminé deuxième à la dernière course. Nous avons fait une course d’endurance du Club Enduro Québec à la fin de la saison. Cyril a roulé 3 heures sur les 4 heures de la course si bien que Joel Lepley lui a donné le trophée qu’il avait gagné pour sa propre participation. Vous auriez dû voir les étoiles dans les yeux de Cyril. Quel homme gentil, calme, doux, généreux, passionné et de grande classe est Joel! Il incarne beaucoup les valeurs de la FMSQ. Doit-on s’en étonner puisqu’il a été plus de 20 ans sur le conseil d’administration de la FMSQ? Merci encore Joel!

ORANGECRUSH

Ils ont de qui tenir les petits de toute façon! Papa a déjà gagné l'Orange Crush et maman remportait haut la main ses trophées dès ses débuts en compétition. Êtes-vous une famille de leaders (rires)?
C’est l’avenir qui nous le dira! Farces à part, il y a beaucoup de catégories dans la FMSQ qui permettent à tous d’avoir un petit moment de gloire. Mais le principal est d’avoir du plaisir. C’est ce que nous tentons de faire même si la tentation de tomber dans les excès d’orgueil peut être forte à l’occasion.

VERO8

Comment gérez-vous les inscriptions, les départs, la mécanique, les dîners et les contrôles techniques à vous tous (rires)?
Inscriptions, départs et mécanique sont la responsabilité du team manager (papa) comme dit François Comminardi. Les inspections techniques sont partagées entre maman et papa selon le moment. Comme nous avons deux coureurs le samedi soir, souvent les inspections sont toutes faites à ce moment. Pour la logistique et les lunchs, c’est maman qui est en charge.

Quelles sont les valeurs dans ce sport qui complètent vos valeurs familiales?
Détermination, persévérance, endurance, camaraderie, famille, entraide et plein d’autres que nous oublions.

FAMILLES

Quels conseils donneriez-vous à des parents qui veulent soit mettre leurs enfants sur une moto pour la première fois, soit leur faire commencer la compétition?
Ne faites pas ça (rires)! Non,non, je dis ça pour rire bien sûr. Les compétitions, c’est grisant mais intense. Nous pensons qu’il est mieux de commencer la moto dans des conditions plus calmes, favorables au plaisir et au développement à son rythme que ce que procure un environnement de course. La FMSQ procure un environnement sain, sécure et amical pour le développement des petits et grands enfants en moto. Mais un certain niveau d’habileté est nécessaire pour y accéder. Nous pensons que les gens qui s’y inscrivent devraient être au moins intermédiaires en tenant compte des habiletés moyennes des pilotes de la catégorie que vous envisagez d’adopter. Les parcs reconnus par la FQMHR sont un bon endroit pour commencer si nous n’avons pas d'endroits accessibles auquels nous sommes autorisés à aller. Ne prêchez pas par orgueil. Commencez avec de PETITES motos que vous serez capables de bien maîtriser. Tenez-vous loin des motos puissantes et légères pour commencer. Pour trop de pilotes, le premier contact avec la moto se termine par un wheelie qui s’arrête au contact d’une haie de cèdre ou d’une clôture. Nous nous promenons beaucoup sur les circuits les fins de semaine et nous aidons régulièrement des dames à relever leur moto parce qu’elles en sont incapables seules. Si la moto est trop lourde pour que vous la releviez seule, ce n’est probablement pas la bonne moto pour vous. Et nous ne visons pas les femmes en particulier. Un jeune homme amateur 17- a sauté dans le dos de Christian à Ste-Véronique en 2019. Il ne devait pas être très en contrôle de sa moto pour partir du côté droit de la piste à l’extrême gauche où Christian roulait pour ne pas être dans le chemin de ceux qui veulent sauter.Suivez les recommandations d’entretien de vos motos. Elles viennent en général avec un manuel à cet effet. Si vous ne l’avez pas, ils sont facilement trouvables en ligne. Inspectez-les régulièrement et parlez avec votre concessionnaire. Pour nous il s’agit de Mathias Marine Sport. Thomas Grondin et  Émilie Péloquin m’ont donné de nombreux conseils qui m’ont été très utiles pour améliorer la performance et la fiabilité de nos machines. Consultez-les, ils ne sont pas avares de bons trucs. Lisez les blogues et sites de discussion sur la moto. Eux aussi constituent une mine d’or de renseignements. Les autres concurrents et les parents de ceux-ci aussi ont souvent de bonnes astuces à partager.

Quel est votre meilleur souvenir à vie à chacun d’entre vous à la FMSQ?
Christian
: Il y en a trop pour n’en nommer qu’un. Premièrement, toutes les personnes extraordinaires que j’y ai rencontrées. Ensuite, tous les enduros, toutes les randonnées qui sont plus proches pour moi du plaisir pur de faire de la moto. Les endurocross, ce sont plus des épreuves physiques mais moins techniques. Je fais partie de puristes qui préfèrent les défis techniques à la vitesse. Finalement, ma victoire à la dernière course de cette année!
Véronique : Tous les soupers mémorables du samedi soir avec les amis et la famille. Mes parents qui se lèvent aux petites heures du matin et font des kms et des kms de route pour venir nous voir courser à chaque week-end de course. La fierté qu’ils ont dans leurs yeux à encourager mes enfants. Et pour finir, je me souviendrai toute ma vie de la dernière courbe que j’ai prise avant d’arriver au scan, quand j’ai vu le drapeau au loin et que me suis rendue compte que ma course était finie. J’avais finalement gagné mon championnat 2019. J’ai vu que toute ma famille était là, les bras dans les airs pour me féliciter d’avoir réussi. Je peux dire que c’est dur à battre comme feeling (rires).
Amandine : Finir deuxième à la course de Mont Laurier. Les soirées de camping avec les amis, en particulier Calypso Benoit!
Cyril : C’est d’être parti dernier à la course de Mansonville en 2020. Ma moto a été dure à démarrer, mais j'ai quand même fini premier. Les soirées passées à faire le clown avec Audrick Benoit.
Gaspard : Avoir terminé deuxième au championnat peewee C liquide en 2019. Le temps passé avec Malik Dudka, James Graham, Alexis Rancourt et William Murray.

Quel est l’impact positif sur votre petite famille de partager cette même passion pour notre sport?
Nous passons beaucoup de temps en famille. Nous nous faisons beaucoup de bons amis. Nous faisons du sport ensemble! Les courses, c’est un peu la vie en miniature. Les joies, les peines, les bons résultats, les difficultés, les injustices qui nous avantagent, les injustices qui nous nuisent, le stress, l’euphorie, et nous pourrions continuer longtemps. Ce sont toutes des situations auxquelles nous devons faire face dans notre vie de tous les jours. C’est une bonne place pour que les enfants s’y frottent pour la première fois en étant accompagnés de leurs parents.

POUPOUNE

La petite Amandine rentre dans l'histoire de la FMSQ avec son Husqvarna EE-5, qui est le premier bike électrique à rentrer en compétition parmi les autres. Qu'est-ce qui a déterminé votre choix?
C'est le temps de faire une bonne publicité pour notre commanditaire Husqvarna. Je crois aussi que toute la famille est vendue à la marque! La moto électrique est quelque chose que nous regardons arriver depuis plusieurs années. Nous pensons que ça va littéralement sauver notre sport. Le facteur numéro un qui importune les détracteurs de notre sport est le bruit. C’est aussi simple que ça. Une fois ce problème réglé, nous pourrons nous rapprocher des grandes agglomérations et avoir un intérêt renouvelé par la proximité pour les amateurs. Alors, il allait de soi que nous achetions une moto électrique le plus vite possible lorsque ce serait possible. Husqvarna, qui fait un retour en force depuis quelques années, ont été pionniers en amenant des motos électriques au marché en premier. Le hasard a fait que ce sont les petites motos qui ont été importées en premier au Canada. Alors, nous avons acheté un Husqvarna EE-5 pour notre Didine nationale. Comme notre commanditaire Mathias Marine Sport en est le concessionnaire pour notre région, les astres se sont alignés pour que ça se passe ainsi. Nous avons contacté Thomas Grondin qui a organisé le tout là-bas. Cette moto est fantastique pour les enfants. Celle d’Amandine est configurée au plus bas pour les petits. Mais il y a 5 autres ajustements d’hauteur. Il est donc possible pour un enfant de rouler cette moto de 4 à 9 ans sans problèmes en ne modifiant la suspension qu’une seule fois. Tous les autres ajustements se font sur le châssis. Oui, nous sommes vendus à la marque. Il y a quelques années, mon ami Dominique Lemaire a eu la première concession Husqvarna Motorcycles sur la rive sud. C’est à ce moment que nous avons adopté le produit. Nous n’en démordons pas depuis!

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On voit maman Véro stresser pour ses enfants quand ils prennent leur départ, mais elle encourage aussi les compétiteurs de ces enfants et les enfants des amis. C'est important pour toi Véro cette solidarité sportive?
C’est extrêmement important pour moi en effet mais surtout J’ADORE ça être là à encourager tous les compétiteurs. Pour moi, c’est aussi le fun que de courser. Je dis toujours que quand le départ se donne, je ne suis plus tenable ! Ce sont mes meilleurs moments du week-end, lorsque je pars marcher seule dans le bois pour trouver le premier trou de bouette ou la première grosse difficulté que nos jeunes auront à passer. Je m’installe et j’attends sagement que les premiers arrivent. J’aide tous ceux qui en ont de besoin, sans exception, car c’est ça le sport d’enduro: l’entraide, la persévérance, le dépassement de soi et j’en passe. Moi, ça m’est arrivé de n’être plus capable et de me dire que je n’avais plus de jus. Mais il y a toujours quelqu’un quelque part sur la piste qui m’encourage. Je ne les vois pas la plupart du temps, mais je les entends et ça me donne la force de finir (surtout quand j’entends Cyril me hurler gentiment d’aller plus vite... la pomme ne tombe pas trop loin de l’arbre, rires). Nous nous devons d’être des bons exemples pour nos enfants et tout part de là : être soi-même de bons joueurs. Pour moi, que ce soit moi, un de mes enfants ou un ami(e) qui prend le départ, je suis toute aussi excitée. La plupart du temps, le dimanche soir, je n’ai plus de voix et je me dis toujours: ''Bien voyons Véro, la prochaine course, calme toi (rires)''!

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Qu’est-ce qu’on vous souhaite à tous pour la saison 2021?
Du plaisir, de la santé (pas de blessures), de la fiabilité (pas de pépins mécaniques), la fin de la pandémie et le plus de podiums possibles!