Du côté de nos championnes expertes/moto 2021: Félicia Robichaud

par Isa More
dans Profils de pilotes

Dans la série de nos champions et championnes experts 2021, on finit avec Félicia Robichaud!

Nous n'avons jamais été aussi stressés par une finale d’expertes qu'à la saison 2021. L’estomac noué... C’était tellement serré jusqu'à la dernière ronde! Est-ce que malgré tes années d’expérience, c’était le même stress de ton côté? 
Ce fut une de mes plus belles saisons, si ce n'est ma plus belle saison chez les dames expertes: remplie en émotions, en stress et avec beaucoup de gestion personnelle. 2021 était ma neuvième année de compétition contre mon adversaire et amie Véronique Chainé et cela a été définitivement ma saison la plus difficile. Je revenais de mes blessures, avec en plus l'année supplémentaire manquée par le Covid et ma dernière saison de course active remontait à 2016… Bref, un défi en soi de simplement revenir en force.

Comment tu calmes ton mental et ta respiration dans ce genre de départ où tout va se jouer sur une course?
Pour la dernière manche, j’avoue que j’ai eu un stress que je n’ai pas souvent vécu avant une course FMSQ. Avant le départ, je me disais que c’était moi qui avais le désavantage. Véro avait gagné la manche précédente et comme tout gagnant, nous savons à quel point nous avons plus de confiance pour la prochaine course. De plus, on retournait sur un terrain beaucoup plus familier pour Véro que pour moi. Aussi, je m’étais faite battre avec une avance assez significative à Victo #1. Mon «mindset» a donc été de simplement avoir du plaisir à rouler mon YZ250FX de Motosport St-Césaire et au mieux de mes habiletés. Comme mentionné avant, après avoir coursé neuf ans de temps avec Véro, j’aurais été aussi contente de voir mon amie rajouter un championnat pro à sa manche.

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Tu as finalement eu raison de Véronique Pellerin-Chainé qui a roulé avec une force incroyable toute la saison 2021. Qu’est-ce qui a finalement fait la différence entre vous deux à Victoriaville 2.0? 
Je suis partie, après le départ à Victoriaville, avec l’esprit de me faire du fun et de bien rouler comme je sais en être capable, sans me mettre trop de pression et en enlevant du stress avant le lever du drapeau. Toutes les conditions étaient de mon côté: ma moto était en bon état, j’étais en forme et les conditions météo/piste étaient impeccables. Le support de mes amis m'a également aidé à décrocher, surtout que si j'arrivais deuxième, j'étais quand même deuxième au championnat!

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Est-que chaque victoire de championnat a la même saveur malgré tes nombreuses victoires? 
Après autant de victoires au fil des années, je dois avouer qu’elles sont devenues un peu acquises. À mon retour, j’ai été agréablement surprise à quel point le calibre chez les dames expertes avait augmenté et j’ai dû travailler beaucoup plus fort. Chaque victoire en 2021 a été de loin les plus satisfaisantes dû au fait qu'à chaque course, il y avait 50% de chance que ce soit Véro ou moi sur la plus haute marche du podium. Le championnat 2021 aura été une saison mémorable.

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Qui aimerais-tu remercier pour cette saison 2021?
J’aimerais remercier cette saison tout le monde qui a contribué, de proche ou de loin, afin de réaliser ce super de bel été: Motosport St-Césaire, Laminacorr Racing, Evo Suspension, FXR, LRP, Marc-Antoine Généreux, Andy White, Loïc Léonard, mes parents, Jean-Oliver Goulet pour le pitt pendant toute la saison, ainsi que mon copain, Tommy, pour m’avoir supporté et suivi au courant de toute la saison. Sans eux, je n’aurais pas pu réussir. Un gros merci!

Tu es partie au Portugal juste après ta victoire, qu’as-tu pensé de ce pays?
Oui, nous avons décidé de faire une petite escapade au Portugal afin de célébrer mon championnat. J’ai été agréablement surprise par la beauté de ce pays, ce qui m’a fait un peu regretter de ne pas avoir pu aller aux ISDE en 2019 lorsque les 6 jours y étaient. Je recommande fortement le Portugal pour tous les amateurs de vins!

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Après tes blessures aux genoux des années précédentes, penses-tu être rétablie à 100% ou bien as-tu perdu de la force dans les genoux sur du long terme?  
À la suite de mes quatre opérations aux genoux, je ne peux pas dire que je suis rétablie à 100% et je ne le serai sûrement jamais. J’ai dû trouver une façon de m’adapter à ma nouvelle réalité et faire du mieux pour stabiliser la douleur et palier pour le manque d’amplitude dans mes mouvements.

En allant sur ta page Facebook, j'ai vu que tu avais aussi fait le Kilimandjaro, c'est complètement fou comme expérience!  Raconte-nous!
Oui, lorsque j’ai terminé mon bacc., j’ai voulu partir à l’aventure et tester mes genoux. Ce fut un voyage inoubliable rempli de défis personnels. Avec un sentiment d’accomplissement comme jamais vécu! J’ai marché huit jours et j'ai couché dans une tente dans la ‘’rain forest’’ à 40 dégrés et six jours plus tard, j'étais sur le haut de la plus haute montagne ‘’free standing’’ du monde à -15 dégrés. Mon corps a eu beaucoup de misère à s’adapter à l’altitude, ce qui a rendu mon périple encore plus mémorable, en tombant malade pendant trois jours. Ce fut un défi personnel qui m’a poussé au bout de mes limites et dont je serai toujours reconnaissante d’avoir eu la chance de le faire.

Pendant toute cette pandémie mondiale qui n'en finit plus, quelle est ta stratégie pour rester saine d’esprit (rires)?
J’ai trouvé que pour rester saine, je devais me garder occupée et stimulée le plus souvent possible. J’ai investi beaucoup d’heures dans mon travail et je me suis donné de nouveaux défis personnels (genre faire un casse-tête de 500 morceaux le plus vite possible, rires) mais blague à part, je suis choyée d’habiter dans un coin où j’ai pu faire beaucoup d’activités physiques à l’extérieur, même en temps de Covid, ce qui m’a permis de me concentrer sur mon bien être le plus possible.

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Est-ce que ton copain Tommy, qui est aussi ton mécano aux courses, change les pneus aussi vite que toi (rires). On a vu tes 'skills' dans un vidéo aux ISDE! C'est fou!
(Rires) Tommy est nouveau dans le monde de la moto, donc il ne les change peut-être pas aussi vite que moi, même avec une bonne connaissance mécanique. Cependant, avec son background personnel d’athlète, ainsi que son background professionnel, il a été un coach hors pair. Il a su changer ma façon d’approcher les défis pour tout ce qui touchait à ma préparation, mon « mindset » et mon endurance mentale. J’ai souvent travaillé sur ma performance technique sur la moto et sur ma condition physique mais je n’avais jamais travaillé sur tout le côté mental. L’avoir eu à mes côtés tout au long de la saison n’a été qu’une valeur ajoutée.

Tes projets pour préparer la future saison?
Ma préparation est loin d’être ce qu’elle était avant que je termine mes études dû au manque de temps. Ma préparation va être de m’assurer d’être le plus en forme possible et de faire de la moto à chaque fois que j’en ai la chance. Cependant, faire de la moto n’est malheureusement plus ma priorité numéro un.

Tu avais demandé quoi comme cadeau à Noel dernier?
J’ai demandé des nouveaux genoux au Père Noël, il m’a répondu que ce n’était pas dans ses cordes… On va redemander l’année prochaine (rires).

Finalement rouler 1h30 le dimanche matin, c’est assez ou tu en prendrais encore plus car tu es très endurante? 
Pour certaines courses cette année, je dois avouer que le 1h30 était assez suffisant, considérant la bouette et le traffic sur la piste. Cependant, c’est certain que des courses plus longues c’est là  j’excelle puisque j’ai une très bonne endurance et c’est là ou je me démarque le plus. L’après-midi, j’ai la chance de rouler à ma vitesse puisque je ne suis pas ralentie par les retardataires, dépendamment des circuits.

Ton mot de la fin Felicia?
Je souhaite à tous et à chacun une très belle saison 2022 en santé. Et j’ai hâte de vous revoir et me lancer pour une dixième saison à défendre mon titre avec des compétitrices hors pair! Bonne préparation à tous!

Merci Félicia!

**Crédit photos: 100 limites, Félicia Robichaud